FIN D’UNE EXPERIENCE

Bonjour à tou(te)s,

C’est la fin de cette expérience « blog » du Club de lecture qui me demande beaucoup trop de travail pour le nombre de personnes qui le consultent.
Aux rares personnes qui l’ont appréciée, merci de votre présence…
La page FB reste active, bien sûr!

JUIN 2019 – Romans & Musique…

LE CHOIX DE MONIQUE

Le pas du renard / Claude Izner

Présentation de l’éditeur :

En ce printemps 1921, Paris se relève difficilement de la guerre. La vie est chère, le travail se fait rare, se loger pose problème. Jeremy Nelson, jeune pianiste américain passionné de jazz, vient tirer le diable par la queue dans la capitale, à la recherche de ses origines. Mais son engagement au sein d’une troupe de cabaret de Belleville va déclencher une véritable série noire. Qui exerce un chantage à l’encontre des artistes du Mi-Ka-Do pour qu’ils disparaissent les uns après les autres ? Prêt à tout pour survivre, Jeremy va se révéler un adversaire coriace car, si infime que soit un grain de sable, il peut gripper les rouages d’une machination parfaitement huilée.

Extrait :

« La ville s’éveillait. Un grelot annonça l’arrivée du fromager. Jeremy n’avait pas besoin de se pencher à l’extérieur, il visualisait le géant breton à chapeau rond, son bouc et ses quatre chèvres, arpentant la chaussée. Il se reput de la mélodie tissée par les cris des vendeurs ambulants.
– ‘Chand d’habits ! Vitrrrier ! Faites rigoler vos p’tits oiseaux, donnez-leur du mouron ! Boulets, anthracite, charbon de bois ! »

L’avis de Monique : 07/10


L’Europe classique et le jazz
Entre divertissement et contestation

http://www.lamediatheque.be/travers_sons/jazz01.htm

Introduction
A l’aube du XXe siècle, l’Europe s’ouvre au monde entier. Le vieux continent fait preuve d’une curiosité insatiable et découvre des cultures lointaines et étonnantes. L’univers artistique en est bouleversé. La musique, elle aussi, participera à ce grand courant d’exotisme. Tandis que l’écriture musicale subit une véritable révolution grâce aux recherches d’Arnold Schoenberg sur la tonalité, viennent d’ailleurs rythmes inconnus et sonorités surprenantes. Une nouvelle conception de l’art est née, bouleversant les traditions et ouvrant la porte au modernisme de ce début de siècle. Aux États-Unis, les Noirs , toujours sous le joug de l’oppression, avaient créé leur propre musique issue du blues, des spirituals, des fanfares et des rythmes hérités de leur passé africain. Elle s’imprégna aussi de la mesure régulière des cantiques protestants, des danses de salon et des autres formes importées d’Europe. L’absence d’instruction musicale et l’utilisation d’instruments insolites contribueront à la transformer en une musique originale. Par dérision ou tout simplement par plaisir, les Blancs adoptent les rythmes dynamiques et fluctuants des fanfares noires et créent leurs propres orchestres. Or, c’est cette musique-là que l’Europe rencontrera en premier lieu. Le premier contact avec la musique noire est fait de superficialité au travers d’orchestres tels que les Dixieland, imitation blanche de la musique noire de la Nouvelle-Orléans.

Le jazz comme divertissement
Immédiatement après la Première Guerre mondiale, les échanges avec le Nouveau Monde s’intensifient et c’est ainsi que l’Europe accueille une musique toute empreinte de joie de vivre, de verve, de spontanéité. Les  » revues nègres  » attirent et enthousiasment le public. Les rythmes libérés des danses modernes s’emparent de la variété. Rag, fox-trot, charleston et autres sont connus et amusent. Plusieurs musiciens classiques se laissent également gagner par l’enthousiasme de la découverte. Fascinés, ils rêvent de donner à leur oeuvre cet aspect de liberté et de goût de vivre.

Vers 1907 déjà, Claude Debussy compose le plaisant Golliwog’s Cake-Walk, extrait des Children’s Corner. Il termine le Premier livre des Préludes (1910) par la petite pièce intitulée Les Minstrels désignant clairement ces chanteurs blancs déguisés en noirs, véritable clin d’oeil à cette mode déferlant sur l’Europe. Suit encore le Général Lavine-eccentric , cake-walk du Second livre des Préludes (1913). 

Totalement immunisé contre le pathos wagnérien très influent à ce moment, Erik Satie se tournera résolument vers les musiques populaires et les rythmes américains. En témoigne un ragtime de son ballet Parade (1917) créé en collaboration avec Jean Cocteau, spectacle qui fit un véritable scandale tant la conception en paraissait audacieuse. 

Le grand curieux que fut Darius Milhaud se laissera lui aussi captiver par les rythmes afro-américains. Il fréquenta les clubs de jazz de Harlem. Il nous laisse son ballet La Création du Monde (1923). Citons également Trois Rag-Caprices pour piano et petit orchestre, Scaramouche. Oeuvres enjouées, au ton allègre, jouées par des ensembles musicaux réduits contrastant avec la lourdeur des orchestres romantiques.

Grâce à son ami Ernest Ansermet qui lui apporta des disques des Etats Unis, Igor Stravinsky découvre la complexité des rythmes noirs, plus particulièrement le caractère polyrythmique des chants et des danses. Dans l’Histoire du Soldat  (1918), une tension particulière naît de la superposition de deux rythmes différents. La même année voit la création du Rag-Time pour 11 instruments et sa réduction pour piano, le Piano Rag Music dédié à… Arthur Rubinstein. Stravinsky ne perdra jamais le contact avec le jazz; en 1937 il compose le Praeludium pour ensemble de jazz  et en 1945, il crée Ebony Concerto pour Woody Herman et son orchestre.

Citons également Maurice Ravel : son Concerto pour piano en ré à la coloration si particulière, le blues de sa Sonate pour violon et piano, ou encore le fox-trot de la théière anglaise et de la tasse chinoise, extrait de L’Enfant et les Sortilèges; le 6e quatuor à cordes de Bela Bartok avec une marcia et une burletta aux accents de jazz. (1939). N’oublions pas que c’est avec le clarinettiste de jazz Benny Goodman et le violoniste Joszef Szigeti que Bartok au piano créa Contrastes en 1938.

Voir aussi :

http://www.action-suspense.com/2015/12/claude-izner-le-pas-du-renard-ed-10-18-2016-inedit.html


LE CHOIX DE MADY

Born To Run / Bruce Springsteen

Présentation de l’éditeur :

« Se raconter est une drôle d’affaire . . . Dans un projet comme celui-ci, l’auteur fait une promesse : laisser le lecteur entrer dans sa tête. C est ce que j’ai essayé de faire au fil de ces pages. » BRUCE SPRINGSTEEN

En 2009, Bruce Springsteen et le E Street Band jouent à la mi-temps du Super Bowl. L’expérience est tellement grisante que Bruce décide d’écrire à ce sujet. C’est ainsi qu’a commencé cette extraordinaire autobiographie.
Au cours des sept années écoulées, Bruce Springsteen s’est, en secret, consacré à l’écriture de l’histoire de sa vie, apportant à ces pages l’honnêteté, l’humour et l’originalité qu’on retrouve dans ses chansons.
Il décrit son enfance, dans l’atmosphère catholique de Freehold, New Jersey, la poésie, le danger et les forces sombres qui alimentaient son imagination, jusqu’au moment qu’il appelle Le Big Bang : la première fois qu Elvis Presley passe à la télévision, au Ed Sullivan Show. 
Il raconte d’une manière saisissante l’énergie implacable qu’il a déployée pour devenir musicien, ses débuts dans des groupes de bar à Asbury Park et la naissance du E Street Band. Avec une sincérité désarmante, il raconte aussi pour la première fois les luttes personnelles qui ont inspiré le meilleur de son oeuvre et nous montre que la chanson Born to Run révèle bien plus que ce qu’on croyait. 
Born to Run sera une révélation pour quiconque apprécie Bruce Springsteen, mais c’est bien plus que le témoignage d’une rock star légendaire. C’est un livre pour les travailleurs et les rêveurs, les parents et les enfants, les amoureux et les solitaires, les artistes, les dingues et quiconque ayant un jour voulu être baptisé dans les eaux bénies du rock’n roll.
Rarement un artiste avait raconté son histoire avec une telle force et un tel souffle. Comme nombre de ses chansons (Thunder Road, Badlands, Darkness on the Edge of Town, The River, Born in the USA, The Rising, The Ghost of Tom Joad, pour n’en citer que quelques-unes), l’autobiographie de Bruce Springsteen est écrite avec le lyrisme d un auteur/compositeur singulier et la sagesse d un homme qui a profondément réfléchi à ses expériences.

Extrait :

Personnellement, j’aime que mes dieux vieillissent , qu’ils aient le poil grisonnant et surtout qu’ils « soient encore là ». Je suis content d’avoir encore Dylan et les Stones , ces pirates toujours d’attaque ; j’aime la puissance en live des Who sur le mode j’espère-vivre-très-vieux-avant-de-crever , […] Je préfère toutes ces « options » à la mort . J’aurais voulu voir Mickaël Jackson encore longtemps sur scène , un Elvis de soixante-dix ans se réinventant et savourant son talent . Qu’aurait tenté Jimi Hendrix avec sa guitare ? Keith Moon, Janis Joplin, Kurt Cobain et tous ceux qui sont morts trop tôt, tous ceux-là ont volé quelque chose à la musique que j’adore ; J’aurais voulu qu’ils vivent , qu’ils profitent du talent qui était le leur et du respect de leur public .

L’avis de Mady : 09/10


LES CHOIX DE MICHELLE

Ma vie avec Mozart / Eric-Emmanuel Schmitt

Présentation de l’éditeur :

Un jour, Mozart m’a envoyé une musique. Elle a changé ma vie. Depuis, je lui écris souvent. Quand ça lui chante, il me répond, toujours surprenant, toujours fulgurant.

L’avis de Michelle : 04/10

Tous les matins du monde / Pascal Quignard

Extrait :

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l’ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse.
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu’à la barque. L’ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu’il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura :
– Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. » 

L’avis de Michelle : 07/10


LE CHOIX D’ALBERTE (hors sujet)

Black Out / John Lawton

Présentation de l’éditeur :

Londres, 1944. La Luftwaffe donne son assaut final sur la capitale déjà exsangue et les Londoniens se précipitent dans les abris souterrains. 
Au milieu du chaos, un bras coupé est exhumé par un groupe d’enfants jouant sur un site bombardé de l’East End. 
Le sergent détective Frederick Troy, de Scotland Yard, parvient à relier cette découverte à la disparition d’un scientifique de l’Allemagne nazie. 
Il met au jour une chaîne de secrets menant tout droit au haut commandement des Alliés, et pénètre les mystères d’un monde corrompu, peuplé de réfugiés apatrides et d’agents secrets.

Extrait :

« La District Line circulait par endroits si près de la surface que les vitres des wagons avaient été masquées par des rideaux de black-out – règlement de la défense passive -, seuls quelques losanges découpés dans les tissus noirs laissaient filtrer la lumière. La nuit, dehors, était infiniment préférable à cette suffocante obscurité, vestibule de l’enfer. »

L’avis d’Alberte : 08/10


LE CHOIX DE NOËLE

La note secrète / Marta Morazzoni

Présentation de l’éditeur :

Dans la Milan du XVIIIe siècle, l’histoire de Paola Pietra, religieuse malgré elle, qui découvre, grâce au chant et à sa sensualité, un autre monde et sa propre liberté. Une œuvre qui entraîne le lecteur dans un jeu subtil avec les codes de la grande tradition romanesque.

Extrait :

« On lui coupa les cheveux, et le geste tranchant de la nonne âgée eut quelque chose de triomphant :
– Ils devaient beaucoup vous gêner sous le voile, hein, ma soeur ?
Mais la soeur ne se prononça pas. Elle avait décidé, pour sa défense, de ne manifester dans ce lieu aucun sentiment, aucune émotion. Elle regarda sa chevelure éparse sur le sol, et eut l’impression de voir le pelage d’un animal mort, encore inutilement doux. Elle pensa au setter, qui s’élançait dans le grand pré de Sevenoaks. La nonne âgée se pencha pour ramasser la chevelure :
– Vous ne le croirez pas, mais mes cheveux avaient la même couleur, et ils étaient encore plus longs, quand j’ai prononcé mes voeux. Elle se tut un instant, puis revint sur le sujet, afin que, dans la tête fille de la jeune femme qui rajustait capuchon et voile, ne naisse aucune idée fausse : Mais j’ai été si contente de les voir à terre, comme toutes les vanités !
Et elle sortit, portant dans son tablier les cheveux qui deviendraient la perruque de quelque dame romaine.
 »

L’avis de Noële : 09/10


LE CHOIX DE LAURA

La symphonie des siècles / Elisabeth Haydon
Série de 6 volumes

https://ocyaran.wordpress.com/2012/01/18/la-symphonie-des-siecles-elizabeth-haydon/


LE CHOIX DE NICOLE

Le coup au coeur / Peter Robinson

Présentation de l’éditeur :

1969, dans le Yorkshire. Lors d’un festival de rock, une jeune fille est poignardée. L’enquête tourne alors autour d’un groupe débutant : Les Chapeliers fous. Trente-six ans plus tard, un journaliste est sauvagement assassiné. Sans mobile apparent. Mais toujours ces Chapeliers fous, au sujet desquels il préparait un article.
Au fil de son enquête, l’inspecteur Banks va découvrir que ce n’est pas la première fois que ces superstars vieillissantes du rock sont mêlées à une tragédie…
Surfant à un rythme infernal entre passé et présent, l’intrigue nous replonge au cœur de la génération Sex, drugs and rock and roll.

Extrait :

« Lundi 8 septembre 1969,
Vue des hauteurs de Brimleigh Beacon, ce matin-là, la scène aurait pu ressembler à un champ de bataille après les combats. Il avait plu brièvement au cours de la nuit et le pâle soleil tirait de fines volutes de brouillard de la terre humide. Elles tourbillonnaient au-dessus des champs ponctués de formes inertes, se mêlaient çà et là à la fumée plus sombre des braises. Des charognards humains se mouvaient dans ce décor comme pour récupérer des armes abandonnées, se penchaient parfois pour extraire un objet de valeur de la poche d’un cadavre. D’autres semblaient pelleter de la terre ou de la chaux vive pour combler des fosses communes. La brise portait une vague odeur de chair pourrissante.
Et sur tout cela, il régnait un silence terrible.
Toutefois, pour Dave Sampson, qui se trouvait sur le terrain, il n’y avait pas eu de bataille, mais un rassemblement pacifique, et Dave avait le point de vue des humbles. Il était un peu plus de huit heures du matin et il avait passé une bonne partie de la nuit debout, comme la plupart des autres, à écouter Pink Floyd, Fleetwood Mac et Led Zeppelin. »

L’avis de Nicole : 08/10

Les nains de la mort / Jonathan Coe

Présentation de l’éditeur :

La vie de William, jeune musicien en quête de gloire, parmi les clubs de jazz et les HLM de Londres, n’est qu’une longue suite de frustrations. Les membres du groupe où il joue transforment ses compositions subtilement rythmées en de sinistres parodies de rap ; la belle et froide Madeline reste insensible à ses charmes; même attendre le bus un dimanche matin requiert de l’héroïsme.
Les choses, semble-t-il, ne peuvent pas empirer. Mais si, pourtant : lorsque William devient le témoin involontaire d’un crime commis par deux lilliputiens Cagoulés.
Avec un humour féroce et un sens du rythme digne des meilleurs groupes pop, Jonathan Coe nous embarque dans un roman policier désopilant. Il nous fait découvrir le Londres des musiciens ratés, des filles de famille capricieuses, des barmaids écossaises et des nains assassins.

Extrait :

« Enfin, il y avait Jake, notre batteur, un existentialiste pur et dur avec un béret noir et des lunettes modèle sécurité sociale cerclées d’or. […]. Il travaillait la batterie dans sa chambre en utilisant un exemplaire de L’être et le Néant comme caisse claire et les trois volumes d’A la recherche du temps perdu en guise de toms. […]. Ses passions jumelles pour la métaphysique et la pop music ne s’étaient jamais conjuquées en un tout cohérent. Il finissait par écrire un morceau qui combinait la complexité philosophique de Meat Loaf avec l’énergie rock’n’roll de Schopenhauer. »

L’avis de Nicole : 07/10


LE CHOIX DE COLETTE

Tendres silences / Angela Huth

Présentation de l’éditeur :

« William Handle a fondé un quatuor à cordes qui se produit depuis plus de vingt ans. Ce sont de bons musiciens et ils ont du succès. Sa femme, Grace, est peintre et travaille à un album de fleurs pour enfants. Les Handle sont mariés depuis longtemps. Ils ont atteint ce point de leur vie conjugale où le silence, qui signifie une acceptation heureuse des habitudes de l’autre, est un mode de vie. Mais William s’éprend ardemment d’une altiste et Grace rencontre un jeune homme inquiétant dont la pensée remplit le vide de ses journées. Le silence s’alourdit dans le couple alors que chacun s’enfonce dans ses obsessions amoureuses et que plane la menace de la violence et de la trahison. »

Extrait :

« William embrassa son épouse sur la joue. Quand il avait les mains libres, il aimait lui prendre le menton et poser un un baiser délicat sur ses lèvres, il s’ était aperçu qu’elle aimait cela à l’époque où il lui faisait la cour et c’était devenu entre eux une habitude. »

L’avis de Colette : en cours de lecture

Mai 2019 – Les livres qui nous font du bien…

LES CHOIX DE GERDA

La femme à la clé / Vonne van der Meer

Présentation de l’éditeur :

« Femme, 59 ans, d’apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discrétion assurée. Intentions sexuelles totalement exclues ». 

Voilà l’annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d’un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. 

Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées chômeur célibataire, hôtesse de l’air divorcée, fillette qui boude l’école ses services en tant que lectrice.

Devenue, au fil des jours, confidente, amie, conseillère, Nettie reprend goût à la vie, et ses clients avec elle. Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l’existence. 

La Femme à la clé est un voyage enchanteur à travers les livres, où s’abolissent angoisse et tristesse.

Extrait :

« Au moment où je commençais à douter de la viabilité de mon projet, j’ai découvert dans un livre le mot Mitschlaffer. Un Mitschlaffer se roule en boule, en échange de quelques kopekcs, au pied du lit d’un insomniaque. Dès que ce dernier a trouvé le sommeil, le Mitschaffler s’en va sur la pointe des pieds pour se rendre à l’adresse suivante. Ce que je propose est une variante d’un métier très ancien. S’il le faut, je peux étayer historiquement le choix de ma profession. Elle était exercée par des Juifs en Russie à l’époque de Dostoïevski. Mon métier n’est donc peut-être pas le plus vieux du monde, mais presque. »

L’avis de Gerda : 9/10

Les Essais / Michel de Montaigne

Présentation de l’éditeur :

Nous devons à André Lanly, éminent philologue et professeur émérite à l’université de Nancy, d’avoir servi l’un des monuments les plus difficiles à déchiffrer de la littérature française en osant lui donner sa forme moderne. C’en est fini des obstacles de l’orthographe, du doute sur le sens des mots, de l’égarement suscité par la ponctuation. Lire ce chef-d’œuvre devient ici un pur bonheur.

«Ce ne sont pas mes actes que je décris, c’est moi, c’est mon essence. J’estime qu’il faut être prudent pour juger de soi et tout aussi scrupuleux pour en porter un témoignage soit bas, soit haut, indifféremment. S’il me semblait que je suis bon et sage, ou près de cela, je l’entonnerais à tue-tête. Dire moins de soi que la vérité, c’est de la sottise, non de la modestie. Se payer moins qu’on ne vaut, c’est de la faiblesse et de la pusillanimité, selon Aristote. Aucune vertu ne se fait valoir par le faux, et la vérité n’est jamais matière d’erreur. Dire de soi plus que la vérité, ce n’est pas toujours de la présomption, c’est encore souvent de la sottise. Être satisfait de ce que l’on est et s’y complaire outre mesure, tomber de là dans un amour de soi immodéré est, à mon avis, la substance de ce vice [de la présomption]. Le suprême remède pour le guérir, c’est de faire tout le contraire de ce que prescrivent ceux qui, en défendant de parler de soi, défendent par conséquent d’appliquer sa pensée à soi. L’orgueil réside dans la pensée. La langue ne peut y avoir qu’une bien légère part.»
Les Essais, Livre II, chapitre VI. 

Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l’auteur d’un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d’un homme retiré, jouissant d’un exil intérieur propice à l’exercice du jugement. C’est dans l’espace qui s’étend entre ces deux figures, l’homme à cheval et l’homme de papier, qu’il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement «l’écrivaillerie» de son temps et combat la culture livresque lorsqu’elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en «parlerie», il use d’un langage «coupé», d’un style primesautier – «soldatesque», dit-il. Non content d’inventer une forme, l’essai, il se dote d’une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l’exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu’il ne nous enseigne pas : il nous parle – de lui, de l’humain à travers lui, et donc de nous. D’une voix et sur un ton jusqu’alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l’esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). Montaigne est à l’Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l’attend, et c’est le gage de sa survie. C’est pourquoi, alors que tant d’ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant. 
Ce livre, on le publie ici d’après la seule version imprimée de l’ultime état du texte : l’édition posthume de 1595, aujourd’hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l’auteur. Afin d’en faciliter la lecture, les notes sur le vocabulaire et la syntaxe, ainsi que la traduction des citations, figurent au bas des pages. Les sentences peintes sur les poutres de la «librairie» de Montaigne et les notes qu’il a portées dans les marges de ses livres complètent le volume.

L’avis de Gerda : 10/10

Le naufrage des civilisations / Amin Maalouf

Présentation de l’éditeur :

Il faut prêter attention aux analyses d’Amin Maalouf : ses intuitions se révèlent des prédictions, tant il semble avoir la prescience des grands sujets avant qu’ils n’affleurent à la conscience universelle. Il s’inquiétait il y a vingt ans de la montée des Identités meurtrières ; il y a dix ans du Dérèglement du monde. Il est aujourd’hui convaincu que nous arrivons au seuil d’un naufrage global, qui affecte toutes les aires de civilisation.
L’Amérique, bien qu’elle demeure l’unique superpuissance, est en train de perdre toute crédibilité morale. L’Europe, qui offrait à ses peuples comme au reste de l’humanité le projet le plus ambitieux et le plus réconfortant de notre époque, est en train de se disloquer. Le monde arabo-musulman est enfoncé dans une crise profonde qui plonge ses populations dans le désespoir, et qui a des répercussions calamiteuses sur l’ensemble de la planète. De grandes nations « émergentes » ou « renaissantes », telles la Chine, l’Inde ou la Russie, font irruption sur la scène mondiale dans une atmosphère délétère où règne le chacun-pour-soi et la loi du plus fort. Une nouvelle course aux armements paraît inéluctable. Sans compter les graves menaces (climat, environnement, santé) qui pèsent sur la planète et auxquelles on ne pourrait faire face que par une solidarité globale qui nous fait précisément défaut.
Depuis plus d’un demi-siècle, l’auteur observe le monde, et le parcourt. Il était à Saigon à la fin de la guerre du Vietnam, à Téhéran lors de l’avènement de la République islamique. Dans ce livre puissant et ample, il fait œuvre à la fois de spectateur engagé et de penseur, mêlant récits et réflexions, racontant parfois des événements majeurs dont il s’est trouvé être l’un des rares témoins oculaires, puis s’élevant en historien au-dessus de sa propre expérience afin de nous expliquer par quelles dérives successives l’humanité est passée pour se retrouver ainsi au seuil du naufrage.

Extrait :

« Je suis né en bonne santé dans les bras d’une civilisation mourante, et tout au long de mon existence, j’ai eu le sentiment de survivre, sans mérite ni culpabilité, quand tant de choses, autour de moi, tombaient en ruine ; comme ces personnages de films qui traversent des rues où tous les murs s’écroulent, et qui sortent pourtant indemnes, en secouant la poussière de leurs habits, tandis que derrière eux la ville entière n’est plus qu’un amoncellement de gravats.
Tel a été mon triste privilège, dès le premier souffle. Mais c’est aussi, sans doute, une caractéristique de notre époque si on la compare à celles qui l’ont précédée. Autrefois, les hommes avaient le sentiment d’être éphémères dans un monde immuable ; on vivait sur les terres où avaient vécu ses parents, on travaillait comme ils avaient travaillé, on se soignait comme ils s’étaient soignés, on s’instruisait comme ils s’étaient instruits, on priait de la même manière, on se déplaçait par les mêmes moyens. Mes quatre grands-parents et tous leurs ancêtres depuis douze générations sont nés sous la même dynastie ottomane, comment auraient-ils pu ne pas la croire éternelle ?
«De mémoire de rose, on n’a jamais vu mourir un jardinier», soupiraient les philosophes français des Lumières en songeant à l’ordre social et à la monarchie de leur propre pays. Aujourd’hui, les roses pensantes que nous sommes vivent de plus en plus longtemps, et les jardiniers meurent. En l’espace d’une vie, on a le temps de voir disparaître des pays, des empires, des peuples, des langues, des civilisations.
L’humanité se métamorphose sous nos yeux. Jamais son aventure n’a été aussi prometteuse, ni aussi hasardeuse. Pour l’historien, le spectacle du monde est fascinant. Encore faut-il pouvoir s’accommoder de la détresse des siens et de ses propres inquiétudes.
C’est dans l’univers levantin que je suis né. Mais il est tellement oublié de nos jours que la plupart de mes contemporains ne doivent plus savoir à quoi je fais allusion. Il est vrai qu’il n’y a jamais eu de nation portant ce nom. Lorsque certains livres parlent du Levant, son histoire reste imprécise, et sa géographie, mouvante – tout juste un archipel de cités marchandes, souvent côtières mais pas toujours, allant d’Alexandrie à Beyrouth, Tripoli, Alep ou Smyrne, et de Bagdad à Mossoul, Constantinople, Salonique, jusqu’à Odessa ou Sarajevo.
Tel que je l’emploie, ce vocable suranné désigne l’ensemble des lieux où les vieilles cultures de l’Orient méditerranéen ont fréquenté celles, plus jeunes, de l’Occident. De leur intimité a failli naître, pour tous les hommes, un avenir différent. »

L’avis de Gerda : en cours de lecture

Le secret / Rhonda Byrnes

Présentation de l’éditeur :

Des bribes d’un grand Secret ont été découvertes au fil des siècles dans les traditions orales, la littérature, les religions et les philosophies. Pour la première fois, toutes les pièces du Secret sont rassemblées dans une incroyable révélation qui risque de transformer la vie de tous ceux qui en prendront connaissance. Le Secret renferme la sagesse des maîtres des temps modernes. Les hommes et femmes qui l’ont utilisé et mis en pratique ont accompli des choses extraordinaires : ils ont supprimé la maladie, acquis d’immenses fortunes, surmonté des obstacles et réalisé l’impossible. Dans cet ouvrage, vous apprendrez à utiliser Le Secret dans tous les aspects de votre vie. Vous accéderez alors au pouvoir caché, inexploité qui sommeille en vous, et cette révélation pourra devenir une source de joie de tous les instants. 

Extraits :

« Pensez à une voiture roulant dans la nuit. Ses phares n’éclairent qu’à 30 ou 60 mètres devant, mais vous pouvez faire le trajet de la Californie à New-York dans le noir, car vous n’avez pas à voir à plus de 60 mètres, votre vie continuera à se dérouler. Et elle vous amènera finalement à destination, à ce que vous voulez vraiment, parce que tel est votre désir. Ayez confiance en l’Univers. Ayez confiance, croyez et ayez la foi, car toutes vos pensées actuelles façonnent votre vie future.« 

« Votre vie se trouve entre vos mains. Peu importe le lieu où vous vous trouvez maintenant, peu importe se qui se passe dans votre vie, vous pouvez commencer à choisir consciemment vos pensées, et vous pouvez changer votre vie.« 

L’avis de Gerda : 06/10


LES CHOIX DE MONIQUE

La rédaction in Pas de quartier / Hergé (BD)

L’avis de Monique : 10/10

Un voyage immobile / Matthieu Ricard

Présentation de l’éditeur :

Pendant une année, Matthieu Ricard, photographe et moine bouddhiste, a séjourné dans la solitude d’un ermitage sur les hauteurs de Katmandou. Immergé dans cette nature spectaculaire, entre les vallées verdoyantes du Népal et la chaîne himalayenne, il est resté à l’écoute de la nature, attendant chaque jour la lumière qui s’offrait à ses yeux émerveillés. C’est ce chemin qu’il nous invite à emprunter aujourd’hui. Voyage visuel et spirituel au cœur des contreforts de l’Himalaya népalais, ce recueil photographique, fruit de cette longue  » attente sans attente « , fait du lecteur le témoin privilégié de cette nature grandiose dont l’harmonie se mêle à la paix de la méditation.

L’avis de Monique : 10/10


LES CHOIX DE COLETTE

Gaume / Frank Andriat

Présentation de l’éditeur :

Il est des romans dont le charme perdure : Gaume figure parmi ceux-ci. Depuis 1995, il reçoit un accueil ému et enthousiaste de ses lecteurs. 
Tendre et ouvert comme la région dont il parle, ce beau texte permet de réfléchir à notre mode de vie, à nos valeurs. C’est en Gaume que Pierre, un cadre bruxellois affairé, vient se ressourcer. C’est en Gaume qu’il découvre un nouvel équilibre. 
C’est aussi dans cette douce région du sud belge qu’il rencontre Reinette, une fille de la nature aux yeux turquoise, qui lui offre de vivre l’amour dans la simplicité et la tendresse. 
Rythmée par le jazz et par le chant des bois et des collines, cette histoire est une ode à la nature, au quotidien et à l’amour.

Extrait :

Pierre habite à Bruxelles. Il vit de bruit et de béton. Il regarde peu le ciel, sauf quand les nuages crèvent et l’inondent d’une humeur mauvaise. Les voitures filent. Pas d’instant pour le silence. Parfois, il court se réfugier dans un parc. Les oiseaux sont enroués. Leurs pépie­ments ont, pour toile de fond, le vrombissement des moteurs. Il va plus loin. Au Rouge-Cloître. Il pénètre à grands pas nerveux dans la forêt de Soignes. Le trajet qu’il a parcouru pour arriver là était stressant. Tempête des klaxons et coups de freins aux feux rouges. Il court sur le chemin de terre. Les voitures roulent encore dans sa tête. La forêt n’est pas vraiment calme ; l’autoroute la traverse, l’autoroute qui mène au sud, passé Namur, à l’autre bout du monde.
II se bouche les sens. À quoi sert le regard quand il s’emprisonne dans des kilomètres de béton ? Par terre et en l’air. Partout. À quoi rime le nez lorsqu’il ne respire que du gaz carbonique ? Et la bouche qui goûte un vent acre et suspect ? Et les mains qui frôlent un air collant qui les rend rêches et sales ? À quoi servent les oreilles quand on les électrochoque ? Pierre survit enfermé dans sa tête. Il fait des projets, des calculs, des phrases vides de vie. Le soir, pour rêver, il se plonge dans des livres, dans ces romans qui emmènent ailleurs, dans des espaces de quiétude et de silence, mais il s’endort très vite ; il est si fatigué. Le matin, lorsque le réveil sonne, il a juste le temps de courir sous la douche et d’avaler un café fort. La ville l’appelle. Et son travail. Et les obligations qui font de lui un homme. Il oublie le livre de la veille et, s’il arrive qu’un flash lui en revienne lorsqu’il est coincé dans les embouteillages au volant de sa voiture, il se dit que les artistes sont des irresponsables et des rêveurs. »

L’avis de Colette : 07/10

Buiten / Michaël Lambert

Présentation de l’éditeur :

Buiten commence par un licenciement vécu comme l’ultime libération, le point de départ de tous les possibles, se poursuit dans un restaurant gastronomique qu’il s’agit de collectiviser, puis dans un train à détourner…
En chemin, le narrateur, sa femme et sa fille deviennent des migrants qui descendent vers le Sud. Est-ce dès lors étonnant qu’ils croisent d’autres migrants qui font le chemin inverse ?
Et qu’ils finissent par danser nus dans les vignes, tous ensemble, avec les policiers venus les arrêter ?
C’est cette histoire, cette rencontre improbable, que Michaël Lambert nous raconte dans ce Buiten aussi pétillant de joie et de vitalité que bouleversant d’émotion.

Extrait :

« Il paraît que je ne dois pas me plaindre. J’ai un salaire en or et de nombreux congés payés. Je ne dois pas me plaindre, le monde entier rêve de prendre ma place« 

L’avis de Colette : 04/10

« Un trop petit bonheur pour moi… »


LES CHOIX DE MICHELLE

D’abord, deux rappels, deux livres dont Michelle nous a déjà parlé mais qui méritent d’être de nouveau cités…

Jolie libraire dans la lumière / Frank Andriat

Présentation de l’éditeur :

« Elle a lu la quatrième de couverture, a frissonné d’étonnement. Ce récit ressemblait à s’y méprendre à un épisode de son existence. Elle a déposé l’ouvrage sur le comptoir et est allée ouvrir la porte de la librairie. À neuf heures, les clients sont encore rares et, dans la lumière du matin qui glissait sur la vitre, elle a commencé à lire ce texte inattendu. » 

Les événements de notre vie, même les plus obscurs, sont posés dans la main des anges. Quand les hasards se rencontrent, c’est la lumière qui les rassemble. Une jolie libraire retrouve un fait marquant de son passé dans un livre qui la conduit à tisser des liens et à s’interroger sur son présent. Ce roman délicat, qui rend hommage aux libraires et qui chante l’univers des livres, est une ode à la lumière, à la tendresse et à l’amour.

La beauté des jours / Claudie Gallay

Présentation de l’éditeur :

Jeanne a tout pour connaître un bonheur tranquille : deux filles étudiantes, un mari attentionné, une amie fidèle, un boulot stable. Passionnée par Marina Abramović, l’artiste-performeuse célèbre pour avoir, dans son travail, mis en jeu son existence, Jeanne n’aime pas moins les surprises, l’inattendu. Cet été-là, le hasard se glisse – et elle-même l’invite – dans son quotidien…
À travers la figure lumineuse de Jeanne et la constellation de personnages qui l’accompagnent et la poussent vers un accomplissement serein, Claudie Gallay compose un roman chaleureux et tendre sur la force libératrice de l’art, sur son pouvoir apaisant et révélateur. Et sur la beauté de l’imprévisible.

Le bonheur est une valise légère / Frank Andriat

Présentation de l’éditeur :

Souvent, il suffirait d’un signe pour que nous trouvions notre chemin : un regard, une main tendue, un sourire. Selma a réussi dans la vie mais elle n’est pas heureuse. Placer le faire avant l’être l’a perdue. Un jour, elle rencontre un homme paisible dans un train, quelqu’un qui lit Christian Bobin et qui, comme elle, adore Jean-Jacques Goldman. Au fil du temps, il lui apprend que le bonheur est une valise légère et que la vie qu’on accueille apporte plus de joie que celle qu’on maîtrise.

Dans ce roman à la fois simple et profond, écrit d’une plume alerte et sensible, Frank Andriat invite les lecteurs à réfléchir à leurs limites, au bonheur à côté duquel ils passent en en voulant toujours trop, à ce que notre mode de vie nous enlève en exigeant chaque fois plus de nous, et les conduit, par petites touches, vers une vision plus sereine de la vie.

Extrait :

« La sagesse n’appartient pas aux sages : si c’était le cas, ils cesseraient de l’être. Certains livres nous racontent le bonheur sur des îles exotiques où les personnages rencontrent des ermites barbus qui leur délivrent les clés de la paix intérieure. Le bonheur, il est ici et maintenant, Selma. Dans votre verre de Perrier, dans mon infusion. Et dans mon métier, même si celui-ci exige beaucoup de moi. Il ne faut pas vivre en lévitation au creux d’un baobab pour savourer les fruits de la vie. »

L’avis de Michelle : 09/10

L’homme qui voulait être heureux / Laurent Gounelle

Présentation de l’éditeur :

Imaginez…
Vous êtes en vacances à Bali et, peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où…
Son diagnostic est formel: vous êtes en bonne santé, mais vous n’êtes pas heureux.
Porteur d’une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L’éclairage très particulier qu’il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l’aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d’une existence à la hauteur de vos rêves.

Extrait :

« – Dans la philosophie hindouiste, reprit-il, on considère que gagner de l’argent est un objectif valable, et cela correspond à l’une des phases de l’existence. Il faut juste éviter de s’y enliser, et savoir ensuite évoluer vers autre chose pour réussir sa vie.
– Qu’est-ce qu’une vie réussie ? demandai-je un peu naïvement.
– Une vie réussie est une vie que l’on a menée conformément à ses souhaits, en agissant toujours en accord avec ses valeurs, en donnant le meilleur de soi-même dans ce que l’on fait, en restant en harmonie avec qui l’on est, et, si possible, une vie qui nous a donné l’occasion de nous dépasser, de nous consacrer à autre chose qu’à nous-mêmes et d’apporter quelque chose à l’humanité, même très humblement, même si c’est infime. Une petite plume d’oiseau confiée au vent. Un sourire pour les autres. »

L’avis de Michelle : 06/10

La tentation d’être heureux / Lorenzo Marone

Présentation de l’éditeur :

Cesare Annunziata a 77 ans et il a l’impression d’avoir raté sa vie : il n’a pas réussi à aimer sa femme, et les relations avec sa fille Sveva et son fils Dante sont compliquées. Une scène de violence conjugale a lieu dans son immeuble et Cesare secourt la victime, la belle Emma, sa voisine.

Extraits :

« Après quatre-vingts ans d’existence, on croit avoir tout vu, être prêt à affronter toutes les situations et pouvoir intervenir en s’appuyant sur son expérience ; et on se rend compte, bien au contraire, qu’on ne sait rien, que les maladies, les chagrins, et les traumatismes qui vous ont marqué n’ont pas servi à vous fortifier. On n’apprend jamais à affronter une souffrance, on vit, un point c’est tout. »

« En revanche, j’aime l’odeur du citron qui colle aux doigts, et celle de la terre sombre qui se glisse sous vos doigts. J’aime l’arôme des pins et le parfum du linge qu’on vient de mettre à sécher. J’aime le tambourinement de la grêle sur la vitre et la consistance du tuf. J’aime le goût de café qui disparaît peu à peu et celui du chocolat fondant qui arrive un peu en retard. »

L’avis de Michelle : 08/10


LE CHOIX D’ALBERTE

Ces livres qui nous font du bien : Invitation à la bibliothérapie / Christilla Pellé-Douël

Présentation de l’éditeur :

Lectrice passionnée et passionnante, Christilla Pellé-Douël nous invite à découvrir ces livres qui nous font du bien :
Ceux qui éloignent les bêtes féroces dans la jungle de notre esprit
Ceux qui allument un feu de joie dans le sous-bois de notre inconscient
Ceux qui nous rendent libres
Ceux qui nous rendent forts
Ceux qui nous font pétiller
Et ceux qui nous rendent amoureux…

L’avis d’Alberte : Un livre intéressant…


LES CHOIX DE NICOLE

Toute la ville en parle / Fannie Flagg

Présentation de l’éditeur :

Plus qu’un roman : un appel au bonheur !
L’auteur de Beignets de tomates vertes nous conte, dans ce roman choral, l’histoire d’un petit village du Missouri, Elmwood Springs, depuis sa fondation en 1889 jusqu’à nos jours. Les années passent, les bonheurs et les drames se succèdent, la société et le monde se transforment, mais les humains, avec leurs plaisirs, leurs peurs, leurs croyances, leurs amours, ne changent guère. Et c’est la même chose au cimetière puisque, loin de jouir d’un repos éternel, les défunts y continuent leurs existences, sous une forme particulière. Au fil des décès, ils voient ainsi arriver avec plaisir leurs proches et leurs descendants, qui leur donnent des nouvelles fraîches du village. Tout irait ainsi pour le mieux dans ce monde, et dans l’autre, si d’inexplicables disparitions ne venaient bouleverser la vie, et la mort, de cette paisible petite communauté.

On retrouve dans ce roman revigorant en diable, peuplé de personnages plus attachants les uns que les autres, toute la tendresse, le charme fou et la philosophie heureuse de Fannie Flagg.

Extrait :

« Sur la colline de Still Meadows… Lucille Beemer venait de poser une question à sa voisine.
– Madame Bell, à quel âge avez-vous commencé à ne plus vous sentir jeune ?

– Et toi, Birdie ? 
– Le jour où j’ai constaté que je ressemblais à ma grand-mère.
Le plus drôle, c’est que je ne me sentais pas vieille à l’intérieur…. »

L’avis de Nicole : 10/10

La libraire de la place aux Herbes / Eric de Kermel

Présentation de l’éditeur :

La libraire de la place aux herbes est un voyage initiatique au pays des livres. 
Passez la porte de la librairie de la place aux herbes et laissez-vous envouter par les parcours de vie des clients de Nathalie. 
Tendres, drôles ou tragiques, la libraire d’Uzès vous raconte ces histoires en même temps que la sienne et vous conseille ses coups de coeur littéraires.

Extrait :

« Je crois que nous avons chacun une aura qui nous entoure et nous accompagne. C’est un peu comme un corps sensible mais invisible qui reçoit les premiers appels, s’égratigne aux accrocs des autres, perçoit la caresse d’une âme voisine, ou son ombre. »

L’avis de Nicole : 08/10


LES CHOIX D’ASSUNTA

Métamorphose en bord de ciel / Mathias Malzieu

Présentation de l’éditeur :

Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde. Ses performances de voltige involontairement comiques lui valent des jours heureux. Jusqu’à ce qu’un médecin le soignant pour une énième fracture décèle chez lui une maladie incurable.Commence alors pour Tom un long séjour hospitalier pour tenter de venir à bout de ce qu’il appelle « la Betterave ».
Lors d’une de ses déambulations nocturnes dans les couloirs de l’hôpital, cet homme qui a toujours rêvé de dévorer les nuages rencontre une étrange créature, mi-femme mi-oiseau, qui lui propose le pacte suivant : « Je peux vous transformer en oiseau, ce qui vous sauverait, mais cela ne sera pas sans conséquences. Pour déclencher votre métamorphose vous devrez faire l’amour avec moi. De cette union naîtra peut-être un enfant. Un risque à accepter. »

Dans la tradition de ces contes pour grands enfants, Mathias Malzieu nous raconte l’histoire merveilleuse d’un homme qui veut tuer la mort et tutoyer les cieux. Ce faisant il nous livre une réflexion rare sur le pouvoir de la vie, et de l’amour.

Extrait :

« Soudain, un nuage noirâtre bouche l’horizon, colosse de fumée sombre. Le vent siffle avec ses deux gros doigts enfoncés dans la bouche du ciel. Les oiseaux de secours freinent. Je suis comme aimanté par ce cumulus bilieux. Le nuage enfle, se multiplie, roule et s’enroule autour de mes ailes. Les limbes se densifient, les cris du vent s’épaississent. Je n’y vois plus. Le sanglot musical s’intensifie, la foudre ponctue sa litanie. Le vent me bâillonne, je ne parviens plus à émettre la moindre note. Quelques poussières lumineuses apparaissent au cœur de l’opaque. Elles s’enroulent façon pelote de laine électrique. J’ai envie de les voir de plus près, d’écouter encore ce chant de glace venant du fond du nuage. Sont-ce des fantômes d’oiseaux ? La naissance des flocons de neige ? Je ne bats plus des bras mais glisse en apesanteur. »

L’avis d’Assunta : 09/10

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi / Laurent Gounelle

Présentation de l’éditeur :

Tout commence le jour où Alice, une jeune femme dynamique et audacieuse, retrouve son ami d’enfance, Jérémie. Devenu prêtre de campagne, il lui confie être accablé par le faible nombre de fidèles qui le suivent. Athée et conseillère en communication, Alice se met en tête de l’aider à sa manière. Amenée par la force des choses à se plonger dans le monde de la spiritualité, du christianisme à l’hindouisme, du taoïsme au bouddhisme, Alice va découvrir une vérité universelle particulièrement troublante. Une vérité concernant l’homme et la clé de son épanouissement, passée sous silence par les religieux, perdue au fil des siècles…
Dans ce nouveau roman émouvant et captivant, Laurent Gounelle nous entraîne dans un univers passionnant à la découverte de ce qui permet à l’homme de s’élever dans une autre dimension, où ses actes sont puissants et sa joie, un état durable.

Extrait :

« Il existe un secret et Jésus lui-même semble l’avoir découvert vers la fin de sa vie, puisque c’est surtout là qu’il le répète, allant jusqu’à dire, au final, que s’il n’y avait qu’une seule chose à retenir, ce serait celle-là. Ce secret, je viens de comprendre qu’il avait le pourvoir de nous faire évader de l’enfer de l’ego pour nous conduire au paradis de la vie éveillée. Ce secret… c’est d’aimer. Quand on aime, quand on ressent de l’amour pour un être humain, un animal, une fleur ou un coucher de soleil, on est porté au-delà de soi. Nos désirs, nos peurs et nos doutes se dissipent. Nos besoins de reconnaissance s’évanouissent. On ne cherche plus à se comparer, à exister plus que les autres. Notre âme s’élève tandis que nous sommes tout entiers emplis de ce sentiment, de cet élan du coeur qui s’étend alors naturellement pour embrasser tous les êtres et toutes les choses de la vie. C’est aussi un merveilleux mouvement pour se retrouver, en fusionnant avec l’univers, à la source de soi-même, là où nos problèmes n’ont plus cours et où règne la joie. »

L’avis d’Assunta : 06/10

Petit traité de vie intérieure / Frédéric Lenoir

Présentation de l’éditeur :

De tous mes livres de philosophie et de spiritualité, celui-ci est certainement le plus accessible, mais sans doute aussi le plus utile. Car ce n’est pas un savoir théorique que je cherche à transmettre, mais une connaissance pratique, la plus essentielle qui soit : comment mener une vie bonne, heureuse, en harmonie avec soi-même et avec les autres. Ce que je dis ici avec des mots simples et des exemples concrets, comme au cours d’une conversation avec un ami, est le fruit de trente années de recherches et d’expériences. Mon témoignage personnel importerait peu s’il n’était éclairé par la pensée des philosophes et des sages de l’humanité qui ont marqué ma vie : le Bouddha, Confucius, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Jésus, Montaigne, Spinoza, Schopenhauer, Lévinas parmi d’autres. 
Exister est un fait, vivre est un art. Tout le chemin de la vie, c’est passer de l’ignorance à la connaissance, de la peur à l’amour.

Extrait :

« Une phrase de l’abbé Pierre m’a profondément marqué: »On ne peut être heureux sans les autres. »
On ne peut en effet être heureux sans une relation aimante à d’autres êtres humains. Mais plus profondément, le fondateur d’Emmaüs voulait dire qu’on ne peut être pleinement heureux en sachant que tant d’êtres sont dans le malheur sans rien faire pour les aider. Bien sûr, aucun humain ne peut porter toute la souffrance du monde sur ses épaules, mais le fait d’être attentif à ceux qui souffrent et que le destin met sur notre route, d’accomplir ce qu’on peut à notre niveau pour participer au recul de la souffrance et à l’avènement d’un monde meilleur ouvre notre cœur et ne cesse de l’agrandir. »

L’avis d’Assunta : 10/10


LE CHOIX DE LAURA

D’abord un livre dont j’ai déjà parlé en décembre 2017 et qui est une petite merveille…:

L’océan au bout du chemin / Neil Gaiman

https://ocyaran.wordpress.com/2017/04/28/locean-au-bout-du-chemin-neil-gaiman/

Les pommes d’or du soleil / Ray Bradbury

Présentation de l’éditeur :

Que Ray Bradbury évoque un monstre surgi de l’abîme, un promeneur qui s’égare dans une ville terrifiée, des voyageurs en route pour le Soleil dans leur vaisseau réfrigéré ou un enfant qui devient invisible, il parvient toujours à nous atteindre et à nous émouvoir.

Son humanisme et sa poésie sans frontières brillent au fil des vingt-deux nouvelles de ce recueil.

Extraits :

En épigraphe quelques vers de William Butler Yeats qui donnent son titre au recueil…

« … Et cueille avant que l’heure et la saison ne soient révolues
Les pommes d’argent de la Lune, les pommes d’or du Soleil. »
La chanson d’Aengus le vagabond – William Butler Yeats

« And pluck till time and times are done,
The silver apples of the moon, the golden apples of the sun. »
The Song of Wandering Aengus – William Butler Yeats

« Dans le ciel, au-dessus des vallées, sous les étoiles, survolant une rivière, un pont, une route, Cecy planait. Invisible comme les brises précoces du printemps, fraîche comme l’haleine d’un champ de trèfle à midi, elle planait. Elle s’élevait dans des colombes aussi douces que l’hermine blanche, se nichait dans les arbres, vivait dans les fleurs, s’envolait avec les pédales dans le vent. Elle se perchait sur une grenouille verte et jaune, fraîche comme la menthe à la surface scintillante de l’étang. Elle trottait avec un chien à la fourrure emmêlée de ronces, aboyait pour entendre de toutes parts répondre l’écho des fermes lointaines. Elle vivait dans les pousses d’herbe d’avril, dans l’eau qui jaillissait douce et claire de la terre couverte de mousse.
— C’est le printemps, pensait Cecy. Cette nuit il éclatera dans tout ce qui vit, à la surface de toute la Terre. » – La sorcière du mois d’avril / Ray Bradbury

« Enfant, il se levait de son lit dès son réveil, pour regarder, par la fenêtre, le soleil qui faisait fondre les derniers glaçons de l’hiver. Une goutte après l’autre, le sang d’un mois d’avril transi, se réchauffant peu à peu, coulait du glaçon de cristal transparent. Minute après minute la puissance de l’hiver diminuait. Finalement, le glaçon tombait sur le gravier du chemin avec un son clair de carillon. » – Les fruits d’or du Soleil / Ray Bradbury

Mon avis : Il n’y a pas de cotation pour les chefs-d’oeuvre…


Avril 2019 : La forêt, les arbres…

Le choix de Gerda : Introduction

La forêt

Chez les Celtes, la forêt est un sanctuaire à l’état de nature. Ainsi étaient ressenties la forêt de Brocéliande, et, chez les Grecs, la forêt de Dodone.
L’arbre, symbole de vie, est un intermédiaire entre le sol d’où jaillissent ses racines et le ciel qu’il touche de sa cime. Les temples sont des forêts en Gaule, ils ne se pétrifieront que sous l’influence romaine.

cf. les vers de Baudelaire dans Correspondances :
« La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers. »

L’immense forêt dévoreuse est célébrée dans la littérature hispano-américaine : c’est la forêt vierge.
La forêt génère l’angoisse et la sérénité, l’oppression et le refuge : elle représente une manifestation puissante de la vie.
L’homme moderne voit la forêt comme un symbole de l’inconscient (elle est obscure et profondément enracinée).
La terreur de la forêt, la peur panique, une sorte de claustrophobie aérée seraient inspirées par la crainte de révélations de l’inconscient selon Jung.
En littérature, la forêt reste le décor idéal pour les Contes de fées : Chaperon rouge, La Belle au bois dormant, Blanche-Neige.

Le bois

C’est par excellence la MATIERE dans la liturgie catholique, il est synonyme de La Croix et de l’arbre.Dans les langues celtiques on relève une homonymie complète du nom de la Science et du Bois.La noisette est le fruit de sagesse et de savoir.Les baguettes de coudrier servent à la magie.Le symbolisme général du bois recèle une sagesse et une science surhumaine.Chez les Anciens, Grecs et Latins, les bois étaient consacrés à des divinités : ils sont la demeure mystérieuse du dieu.Les bois sont une sorte de matrice (vie, fraîcheur, eau, chaleur).

Le peintre montre ce symbolisme maternel de la forêt, havre de sécurité, lieu du rêve, décor de notre inconscient.
Cf. « La gare forestière » de Paul Delvaux :

Les bois sont associés au mystère.
Qu’ya-t-il derrière chaque arbre?
Sénèque évoque l’idée d’un bois qui abrite quelque dieu, dans une lettre à Lucilius.
Il était sacrilège d’émonder ou de couper un arbre d’un bois sacré.

L’arbre

La bibliographie autour de l’arbre constitue, par son ampleur, l’objet d’un livre à elle seule.
Symbolisme de la verticalité, tel est l’arbre de Léonard de VinciLes feuilles évoquent un cycle : mort et régénération.
Les 3 niveaux du cosmos sont mis en communication :
1) le souterrain
2) la surface de la terre (Tronc et 1ères branches)
3) les hauteurs (branches supérieures, cime et canopée)
Entre les racines, rampent les reptiles.Dans la ramure volent les oiseaux.
L’arbre réunit les quatre éléments :
Eau avec la sève
Terre dans son corps montant des racines
L’air nourrit les feuilles
Le feu jaillit des frottements
L’arbre cosmique est représenté sous la forme d’une essence majestueuse =
– Le chêne celtique : divinité suprême du ciel, attire la foudre, sagesse
– Le tilleul germanique : amitié
– Le frêne scandinave : immortalité
– L’olivier de l’Orient islamique : …
– Le mélèze sibérien : immortalité, force, victoire, paix
– Le bouleau sibérien : Le printemps et la jeune fille

Le choix de Mady

Terre des affranchis / Liliana Lazar

Présentation de l’éditeur :

Victor ouvrit un cahier et prit sa plume. Sa main tremblait au moment d’écrire le premier mot du texte qu’il découvrait. D’un geste méthodique et lent, il traça de grosses lettres capitales sur la feuille. Le manuscrit dactylographié en roumain que Victor Luca s’apprête à recopier est un livre interdit car, en cette année 1972, Ceaucescu est au pouvoir et les temps sont à la répression. Pourquoi Victor écrit-il? Pour oublier l’odeur de la mandragore qui émane parfois des corps sans vie de jeunes filles ? Pour combler le vide des jours de solitude et d’enfermement ? En attendant la nuit et ses promesses d’évasion vers la forêt, immense et mystérieuse, toute proche? Peut-être pour trouver la paix, qui tarde à venir.

Le Prix de la Romancière Francophone 2010 a été décerné à Liliana Lazar pour ce roman.

Extrait :

« Pour les villageois, Slobozia symbolisait le monde civilisé, c’est-à-dire l’espace ordonné et christianisé. La forêt, en revanche, était le lieu du sauvage, de l’animalité et des forces païennes. Le cimetière marquait la transition entre ces deux dimensions : le raisonnable et l’instinctif, le sacré et le magique, la vie et la mort. »

L’avis de Mady : 8/10 – L’histoire se déroule en Roumanie, à Slobozia, ce qui se traduit en français par « Terre des affranchis » et débute un an avant l’élection de Ceaucescu.
Le village est entouré de bois et d’un lac maudit pour les habitants qui le surnomment « la fosse aux lions ».
Ce roman raconte la vie de Victor, recherché pour un meurtre, il va rester une longue période caché. Il ne pense qu’à expier sa faute et obtenir sa rédemption.
Premier roman de l’auteure, très bien écrit, il tient du polar et du fantastique.

Le dernier ermite / Michael Finkel

Présentation de l’éditeur :

L’histoire incroyable d’un homme qui a vécu seul pendant 27 ans dans les forêts du Maine
En 1986 – c’était l’époque de Reagan et de Tchernobyl – Christopher Knight, un jeune homme intelligent et timide, décide de quitter la société des hommes pour vivre dans une solitude totale au cœur de la forêt du Maine au nord des États-Unis. Pendant près de 30 ans, il ne parlera à personne, fuira tout contact, apprenant à survivre au froid et à la faim grâce à son courage et à son ingéniosité. Pendant toutes ces années aussi, il réussira à s’introduire sans trop de dommages dans certains cottages pour trouver des vêtements, des livres, des piles, de la nourriture supplémentaire… qui lui permettront de traverser sous sa tente les terribles hivers de cette région américaine jusqu’à son arrestation en 2014.
Michael Finkel a été le seul journaliste auquel Christopher Knight a accepté d’accorder de nombreux entretiens, en prison et après sa libération.
Pourquoi a-t-il décidé de se retirer du monde ? Qu’a-t-il appris de ces 27 années ? Comment a-t-il supporté son retour dans la société ?
Un ouvrage qui n’est pas seulement un récit de survie mais qui pose des questions fondamentales sur la solitude, la vie des ermites, la cohabitation avec la nature sauvage, le monde intérieur, les contrastes de notre société. C’est aussi le portrait d’un homme qui a choisi de vivre à sa façon et qui au-delà des souffrances y a totalement réussi.

Extrait :

« Toute sa vie, il s’était senti à l’aise dans la solitude. La relation avec les autres était si souvent frustrante. Chaque rencontre avec autrui lui faisait l’effet d’une collision. En roulant, peut-être perçut-il en lui quelques murmures de peur et d’excitation, comme s’il était au bord d’accomplir un saut radical. »

En cours de lecture

Le choix de Michelle

La vie secrète des arbres / Peter Wohlleben

Présentation de l’éditeur :

Les citadins regardent les arbres comme des « robots biologiques » conçus pour produire de l’oxygène et du bois. Forestier, Peter Wohlleben a ravi ses lecteurs avec des informations attestées par les biologistes depuis des années, notamment le fait que les arbres sont des êtres sociaux. Ils peuvent compter, apprendre et mémoriser, se comporter en infirmiers pour les voisins malades. Ils avertissent d’un danger en envoyant des signaux à travers un réseau de champignons appelé ironiquement « Bois Wide Web ». 
La critique allemande a salué unanimement ce tour de force littéraire et la manière dont l’ouvrage éveille chez les lecteurs une curiosité enfantine pour les rouages secrets de la nature.

Extrait :

« Pour moi, ce sont les hommes qui depuis des millénaires sont responsables de la destruction des forêts par le feu, par négligence et sans volonté de nuire, par exemple en faisant cuire leurs aliments. Les causes naturelles, comme la foudre, qui est effectivement à l’origine de quelques petits foyers localisés, sont des phénomènes trop rares pour que les espèces européennes y aient développé une adaptation.
Tendez l’oreille la prochaine fois qu’il sera question des origines d’un incendie de forêt aux informations : la plupart du temps, c’est l’homme qui est incriminé. »

L’avis de Michelle : 10/10

Dans la forêt / Jean Hegland

Présentation de l’éditeur :

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses.

Considéré depuis sa sortie comme un véritable choc littéraire aux Etats-Unis, Dans la forêt, roman sensuel et puissant, met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Extrait :

« Il m’est alors venu à l’esprit que je pouvais trouver le réconfort dans le deuil de mon père et de ma mère, puisque le mystère de la mort les avait déjà étreints. Quoiqu’il arrive quand une personne meurt, ça leur était arrivé. Ils étaient partis devant, ils avaient montré le chemin, et à cause de ça, la mort semblait un peu plus confortable, un peu plus tranquille, un peu moins terrifiante. parce que mes parents étaient déjà là – dans la mort -, j’ai compris que je pouvais me permettre de profiter de la lumière du soleil aussi longtemps que possible. Assise près de la tombe de mon père, j’étais heureuse – et fière – d’être en vie. »

L’avis de Michelle : 9/10

La forêt plénitude / Frank Andriat

Présentation de l’éditeur :

Parce que, pour son dix-huitième anniversaire, elle reçoit un petit livre qui la bouleverse, Virginie décide de vivre une expérience en solitaire dans la forêt.
Elle y découvre la beauté de la nature, la simplicité et une lumière intérieure. Sensuelle, enthousiaste, profonde et paisible, elle se confie à son auteur préféré et lui dévoile ce qui la fait vivre.
A sa soif de liberté, Virginie mêle une double quête du bonheur et de la tendresse. Ce roman est une ode à la forêt et à l’amour.

Extrait :

« Un livre, ça peut être tout ou presque rien. Un coup de vent dans la forêt du songe, un tremblement dans notre vie réelle. Il peut modifier la lumière de notre quotidien, la rendre soudain plus vive ou plus ténue. On continue de respirer comme avant et, pourtant, au cœur de nous, une graine pousse, inattendue. Quand tout à coup elle germe et qu’elle transforme une de nos habitudes, on s’étonne. On a oublié le livre depuis longtemps, mais c’est de lui qu’elle est venue, qu’elle nous a envahis. »

Michelle et Noële ont lu ce livre
L’avis de Michelle : 7/10
L’avis de Noële : 7/10

Le choix de Noële

L’église verte / Hervé Bazin

Présentation de l’éditeur :

Dans un village de France, on découvre un homme qui vient de nulle part : un homme sans nom, sans famille, sans passé, ou, du moins, se prétendant tel.
Il semble avoir vécu un certain temps caché au cœur de la forêt, cette « église verte », ultime refuge pour ceux qui veulent fuir leurs semblables…. Ou eux-mêmes. 
Quel est son secret ? Hymne vibrant à la nature – dont Hervé Bazin, obstiné campagnard, parle mieux que personne, en connaisseur et en poète – L’Eglise verte nous interroge : en fin de compte, qu’est-ce qu’un homme ? Un état civil ? Un animal civilisé ? Un être obligatoirement social ? Classés, fichés, bureaucratisés, sommes-nous encore libres différents, solitaires, vraiment nous-mêmes ? 

Extrait :

« (… ) j’ai donné le goût des longues randonnées dans ces bois où nous sommes parfois des cueilleurs de simples , de bolets , de framboises , de noisettes , mais surtout des voyeurs . Je veux dire : des gens qui savent voir , à l’inverse de tant d’autres passant à côté de tout , les yeux ouverts et le regard fermé; des gens qui appartiennent, en pleine nature, à l’ordre des contemplatifs, qui se conduisent comme dans une réserve, qui n’interviennent jamais, qui ne collectionnent rien, qui ne photographient même pas, qui se réjouissent seulement d’identifier cent variétés de papillons, d’oiseaux, de rongeurs et, plus encore, d’observer dans le silence des approches une biche camouflant sa rousseur, une couleuvre en train d’avaler un orvet , un pic à calotte rouge tambourinant ses noces au bord du trou foré pour sa femelle … »

Noële et Nicole ont lu ce livre
L’avis de Noële : 8/10
L’avis de Nicole : 8/10

Le choix d’Alberte

Dans Les bois éternels / Fred Vargas

Présentation de l’éditeur :

Envisager de raconter un roman de Fred Vargas frise le ridicule, aussi se contentera-t-on de dire qu’ici, comme dans Sous les vents de Neptune, Adamsberg est confronté à des résurgences de son passé qui le déstabilisent fortement. L’enquête qu’il mène sur la mort de deux gars qui se sont fait trancher la gorge à la Porte de la Chapelle le remet en présence d’Ariane Lagarde, la médecin légiste à laquelle il s’était opposé quelque vingt-cinq ans auparavant.
Un de ses nouveaux collaborateurs ne semble pas particulièrement l’apprécier, ce qui le perturbe d’autant plus que ce lieutenant Veyrenc de Bilhc est béarnais comme lui, originaire du village voisin du sien.
Enfin Camille, dont il a eu un fils, qu’il garde régulièrement, semble voguer vers de nouvelles amours et s’être affranchie de leur liaison passionnelle pour glisser vers des relations amicales, qui ne lui conviennent absolument pas…

Dans les bois éternels est le dixième « rompol » de Fred Vargas. Ses précédents livres, traduits ou en cours de traduction dans plus de trente pays, ont reçu nombre de récompenses françaises et étrangères, dont le prix des Libraires, le prix des Lectrices ELLE, le Deutscher Krimipreis.

Extrait :

« Robert eut un regard vers le patron, puis revint vers le commissaire.
– C’est un horsin, expliqua-t-il à voix basse.
– C’est-à-dire ?
– Il est pas d’ici. Il vient de Caen.
– Caen, ce n’est pas la Normandie ?
Il y eut des regards, des moues. Fallait-il ou non informer le montagnard d’un sujet aussi intime ? Aussi douloureux ?
– Caen, c’est la Basse-Normandie, expliqua Angelbert. Ici, t’es dans la Haute.
– Et c’est important ?
– Disons que ça ne se compare pas. La vraie Normandie, c’est la Haute, c’est ici. […]
– Attention, compléta Robert, là-bas, dans le Calvados, ils vont te prétendre le contraire. Mais faudra pas les croire.
– Bien, promit Adamsberg.
– Et chez eux, les pauvres, il pleut tout le temps.
Adamsberg regarda les vitres, sur lesquelles la pluie tombait sans discontinuer.
– Il y a pluie et pluie, expliqua Oswald. Ici, il pleut pas, ça mouille. […] »

L’avis d’Alberte : 8/10 – L’histoire de ce livre ne m’a pas tellement plu mais il est très bien écrit, je donne 8 pour l’écriture.

Le signe de l’arbre / Michaël Vescoli

Les Celtes constituèrent une des civilisations prépondérantes d’Europe durant les deux millénaires précédant l’hégémonie romaine. Plus qu’un simple moyen de se repérer dans le temps, leur calendrier était un véritable almanach réunissant l’ensemble de leurs Bavoirs et intuitions sur les corrélations entre le monde des arbres et celui des êtres humains. La lecture de cet ouvrage permet à chacun de découvrir son arbre tutélaire, et la richesse symbolique que les Celtes lui attribuaient.

L’avis d’Alberte : 9/10

Le choix de Nicole

La petite fille qui aimait Tom Gordon / Stephen King

Présentation de l’éditeur :

C’est exprès que Trisha s’est laissée distancer par sa mère et son frère, ce jour-là, au cours d’une excursion sur la piste des Appalaches. Lassée de leurs sempiternelles disputes depuis que Papa n’est plus là.
Ce qu’elle n’imaginait pas, c’est que quelques minutes plus tard elle serait réellement perdue dans ces forêts marécageuses. Qu’elle affronterait le froid, la faim, la nuit, les bruits et les rumeurs de la nature. Et deux personnages terrifiants acharnés à sa perte : la Teigne et la Chose. Il lui reste son baladeur, sur lequel elle peut suivre les exploits de son idole, Tom Gordon, le joueur de base-ball. Le seul qui peut l’aider, la sauver.
Un magnifique personnage de petite fille drôle, futée, énergique, capable de désespoir autant que de courage. Et puis une histoire très simple.
Une terreur très simple…

Extrait :

« -Cette fois mon compte est bon, hein, Tom? Je vais mourir.
Elle était calme, lucide. Sa voix ne tremblait même pas.
Comme sa question restait sans réponse, Trisha leva la tête et regarda autour d’elle. Tom Gordon s’était volatilisé. »

L’avis de Nicole : 8/10

Enchantement / Orson Scott Card

Présentation de l’éditeur :

Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s’enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois, il ose embrasser la belle… et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace. Une réinterprétation libre et magistrale de La Belle au bois dormant, par l’un des auteurs de fantasy les plus talentueux au monde.

Extrait :

« Dans les contes occidentaux, on se mariait, on avait beaucoup d’enfants et l’histoire s’achevait là ; dans les légendes russes, on allait bien au-delà – jusqu’à la trahison, à l’adultère, au meurtre, tout cela dans le cadre du mariage romantique où le héros de passage se trouvait pris par hasard. Le vieux conte de la Belle au bois dormant se terminait peut-être bien en France ou dans les pays anglo-saxons, mais Ivan se trouvait en Russie et il fallait être fou pour avoir envie de vivre la version russe d’un conte de fée. »

L’avis de Nicole : 10/10
L’avis de Laura : 10/10 – Ce livre est un enchantement…

Le choix d’Assunta

L’arbre d’or / John Vaillant

Un soir de l’hiver 1997, dans les îles de la Reine-Charlotte, un bûcheron de Colombie-Britannique nommé Grant Hadwin commet un acte d’une violence inouïe. Sa victime est légendaire : un épicéa de Sitka vieux de 300 ans, haut de 50 mètres et entièrement couvert de lumineuses aiguilles dorées. Dans un geste paradoxal, qu’il conçoit comme une protestation contre les dommages causés par l’homme à la nature, Hadwin s’attaque à l’arbre avec une tronçonneuse. L’épicéa tombe deux jours plus tard, jetant la communauté locale dans la consternation. L’Arbre d’or était non seulement une curiosité scientifique, un miracle et une attraction touristique, mais il était sacré pour le peuple des Haïdas. Peu de temps après avoir confessé son crime, Hadwin disparaît dans de mystérieuses circonstances ; à ce jour, il n’a pas été retrouvé.

En dénouant les fils de cette histoire vraie, John Vaillant donne à voir la beauté sauvage des côtes de l’Alaska ; il décrit les tensions historiques entre les Européens et les Indiens haïdas, la vie âpre et brutale des bûcherons, ainsi que l’histoire de l’abattage des arbres en Amérique du Nord et ses conséquences pour toute la civilisation occidentale.

Extrait :

« Par une journée d’automne, au environ de 1700, sur la rive ouest de la Yakoun, un de ces pins fit tomber un fruit qui, en s’ouvrant, laissa échapper une graine à nulle autre pareille. Cette graine tombée comme des centaines d’autres cette année-là de l’un des milliers de cônes produits par un épicéa de Sitka parmi des dizaines de millions de spécimens poussant sur la côte Nord-Ouest. L’arbre dont elle était issue semait sans doute ses graines depuis l’époque des Vikings. Si les chances de survie d’une graine d’épicéa n’étaient pas aussi faibles que celles d’un spermatozoïdes humain, chaque arbre père serait une forêt à lui tout seul. Pourtant, malgré une période de fertilité de sept cent cinquante ans, un épicéa de Sitka n’engendre pas plus d’une douzaine de descendants qui atteignent leur maturité. Que la graine en question ait pu faire partie de ces survivants laisse tout le monde pantois aujourd’hui encore.
Cette graine en forme de larme et de la taille d’un grain de sable ne devait se distinguer en rien, à première vue, de toutes les autres qui jonchaient le sol depuis des millénaires. De ses sœurs tombées sur l’épaisse mousse qui tapisse la forêt, une seule sur cent germerait. Celles qui auraient la chance d’atterrir sur une grume-abri s’en sortiraient mieux que les autres, mais même elles auraient une probabilité sur trois de finir dévorées par les champignons en moins d’un mois. Sans qu’on sache comment, cette modeste graine porteuse de son étrange message a réussi à faire mentir les statistiques et à prendre racine. La pousse minuscule aurait facilement pu passer inaperçue dans la pouponnière surpeuplée qu’est le sol de la forêt, entourée qu’elle était par des milliers d’autres arbres aspirant à vivre. Des épicéas de Sitka, mais aussi des pruches, des cèdres rouges, des cyprès jaunes et même un if par-ci par-là. A ce stade de son existence, elle devait être surpassée par tous, y compris par les habituels habitants de l’ombre – mousses, hépatiques, lys noirs, fougères, bois piquant -, sans parler des épais buissons de salal qui peuvent atteindre quatre mètres de haut et devenir si touffus qu’il faut y pénétrer à la machette.
En regardant cette jeune pousse – à condition que quelqu’un ait réussi à la voir -, l’idée qu’elle ait eu l’intention de devenir l’une de ces gigantesques colonnes qui masquent le ciel du Nord-Ouest aurait paru très présomptueuse. Pendant sa première année de vie, le jeune arbre ne devait pas mesurer plus de cinq centimètres, et ses aiguilles vert pâle ne devaient pas être plus d’une dizaine. Il devait offrir un spectacle fascinant sur le plan abstrait, comme peut l’être celui d’une jeune tortue serpentine, son étrange aspect étant masqué par les signes universels de la petite enfance dans la nature : un mélange à part égale de totale vulnérabilité et de détermination primitive. En dépit de son collier hérissé et de sa tige aussi droite qu’un rayon de soleil, la jeune pousse était encore aussi fragile qu’un œuf de grenouille. Une branche tombée d’un arbre, le pied d’un humain ou d’un animal – ou tout autre événement aléatoire – pouvait mettre un terme définitif à son existence. Dans les profondeurs sombres et humides des sous-bois, la merveilleuse anomalie de ce jeune arbre était un secret bien gardé. D’année en année, il enfonça ses racines plus loin dans la rive, s’accrochant toujours plus farouchement à la vie et à la terre. Contre toute probabilité, il se transforma en l’un des rares jeunes survivants assez fort pour se frayer un chemin jusqu’à la lumière du jour et rivaliser avec les géants larges de trois mètres et haut de dizaines de mètre. C’est finalement le soleil qui allait dévoiler aux yeux du monde le secret de cet arbre. Dès le milieu du XVIIe siècle, il devait déjà être clair que quelque chose d’extraordinaire était en train de grandir sur les rives de la Yakoun, une créature digne d’un mythe ou d’un conte de fées : un épicéa aux aiguilles d’or.
A moins d’être particulièrement grand ou d’avoir une forme inhabituelle, un arbre ne se démarquera pas de ses congénères ; on ne le remarquera pas de loin, à moins qu’il ne soit isolé des autres. Mais bien que planté au milieu d’une forêt de géants, le spécimen qui serait un jour connu comme l’Arbre d’or était une exception à plusieurs titres. A hauteur de sol, sa couleur clouait les gens sur place d’étonnement. Vu du ciel, il se dressait tel un phare visible à des kilomètres à la ronde. Comme une grande partie du paysage environnant, les Haïdas l’inscrivirent dans le vaste répertoire de leurs histoires, mais à ce que l’on sait, parmi la multitude de ses congénères, il est le seul arbre à qui ce peuple eût jamais donné un nom. Ils l’appelèrent K’iid K’iyaas, le vénérable épicéa, et selon la légende il était l’avatar d’un humain.
Bien que très connu de ceux qui vivaient aux environs de la vallée de la Yakoun, l’arbre d’or ne fut découvert par les scientifiques qu’au XXe siècle. Il avait alors plus de deux cent ans et ne passait pas inaperçu. Lorsque, en 1924, Sir Windham Anstruther, un baron écossais qui faisait profession de marqueur, le croisa sur sa route, il en resta ébahi : « Je ne l’ai même pas marqué de ma hache, rapporta-t-il à un journaliste avant sa mort. Il faut croire que j’ai été saisi par son aspect étrange au milieu de cette forêt toute verte. » Par la suite, pendant des années, personne ne sut quoi faire de cette licorne végétale qu’avait découverte Sir Windham. Pour certains, il pouvait s’agir d’une nouvelle espèce indigène de l’archipel. Pour d’autres l’arbre avait été frappé par la foudre ou était simplement mourant. Mais il s’avéra que cet épicéa était bien vivant et en bonne santé, qu’il était juste un spécimen d’une exceptionnelle rareté. D’une rareté telle qu’elle lui valut de recevoir en propre le nom scientifique de Picea sitchensis « Aurea ». Picea sitchensis est le nom latin de l’épicéa de Sitka et Aurea signifie « doré » ou « brillant comme l’or », mais peut aussi vouloir dire « beau » ou « splendide ». Haut de six étages, avec sa circonférence de plus de six mètres, l’épicéa d’or n’avait pas d’équivalent dans le monde botanique. »


L’extrait est très long mais, franchement, je ne voyais pas bien où couper…

L’avis d’Assunta : 10/10

Celle qui plante les arbres / Wangari Waathai

Présentation de l’éditeur :

Ce livre retrace l’incroyable combat de Wangari Maathai. A la tête du Mouvement de la ceinture verte, le plus grand projet de reboisement d’Afrique, elle mène une lutte acharnée avec les femmes kenyanes contre la déforestation : quelque trente millions d’arbres sont plantés en trente ans. Mais son mouvement, outre les arbres, sème aussi des idées. Sa croisade écologique se heurte alors de plein fouet au régime. Elle est victime de brutalités policières, de harcèlements, et se retrouve à maintes reprises derrière les barreaux, mais en ardente militante, jamais elle ne cède.

A travers son histoire personnelle, Wangari, la petite paysanne des Hautes Terres devenue Prix Nobel, démontre que des gestes simples suffisent parfois à susciter de profonds bouleversements sociaux et politiques. Son témoignage sans concession est un message d’espoir autant qu’un plaidoyer pour l’action. Elle conclut d’ailleurs par un seul mot d’ordre: « Nous n’avons le droit ni d’être fatigués ni de renoncer. »

Extrait :

« Comme quelque 150 000 Kikuyu, mon père était aussi de cette première génération d’hommes kenyans qui quittèrent leur village des réserves indigènes et leur famille pour aller travailler dans les fermes des colons blancs et gagner de l’argent. Avant l’arrivée des Britanniques, les peuples africains ne connaissaient pas l’économie monétaire. La principale monnaie d’échange était le petit et le gros bétail, surtout les chèvres. Pour un bout de terre, la dot de la mariée ou la rémunération d’un service, il en coûtait tant de mbũri (chèvres). La vie d’un homme était évaluée à environ trente chèvres, celle d’une femme ou d’un enfant valait moins.  
Quand les administrateurs coloniaux ont institué l’impôt pour financer le développement local, ils n’avaient bien entendu aucune envie de se faire payer en chèvres. Ils voulaient du bon argent, sonnant et trébuchant – apanage, jusqu’alors, des seuls fonctionnaires et colons blancs. Et, incidemment, ils voulaient aussi mettre en valeur la main-d’œuvre du pays sans en passer par le travail forcé. L’impôt obligatoire sur le revenu des hommes offrait la solution idéale : il tordait, pour ainsi dire, le cou au bétail comme unité d’échange pour lui préférer une vraie monnaie, et contraignait indirectement les Africains à se faire embaucher contre salaire dans les fermes des colons ou les bureaux de l’administration pour s’acquitter de leur dette envers l’État. »

L’avis d’Assunta : 10/10

Le choix de Colette

L’homme qui plantait des arbres / Jean Giono

Présentation de l’éditeur :

En 1953, le magazine américain Thé Reader’s Digest demanda à Giono d’écrire quelques pages pour la rubrique bien connue « Le personnage le plus extraordinaire que j’aie jamais rencontré « .
Quelques jours plus tard, le texte tapé à la machine, était expédié, et la réponse ne se faisait pas attendre : réponse satisfaite et chaleureuse, c’était tout à fait ce qui convenait.
Quelques semaines passèrent, et un beau jour Giono descendit de son bureau. Son visage reflétait la stupéfaction. Il venait de recevoir une deuxième lettre du Reader’s Digest, d’un ton bien différent de la première : on l’y traitait d’imposteur…
Giono trouvait la situation cocasse, mais ce qui prédominait en lui à l’époque, c’est la surprise qu’il puisse exister des gens assez sots pour demander à un écrivain, donc inventeur professionnel, quel était le personnage le plus extraordinaire qu’il ait rencontré, et pour ne pas comprendre que ce personnage était forcément sorti de son imagination…

Extrait :

« Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de paroles et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt. Elle avait, en trois tronçons, onze kilomètres dans sa plus grande largeur. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. »

L’avis de Colette : 10/10

Manosque des plateaux / Jean Giono

Présentation de l’éditeur – extrait :

« Ce pays-là va tout en vagues, puis se creuse en un beau val. Un ruisseau est au fond, sous les saules. C’est le Largue. Un Largue large de trois pas. Il ne va pas comme tous les ruisseaux, d’un flot égal, mais il dort dans des trous profonds, puis l’eau glisse d’un trou à l’autre, en emportant des poissons, puis tout s’arrête et l’on attend une pluie là-bas sur les plateaux. Quand on se penche sur ces trous d’eau, on voit d’abord le monde renversé des arbres et du ciel. Là, j’ai compris pourquoi les jeunes filles se noyaient : c’est la porte d’un pays, c’est un départ ; sous l’eau sont des nuages, et des arbres, et des envols d’oiseaux, et des fleurs. Un peu de courage, même pas du courage, laisse faire le poids de cette chair… »

L’avis de Colette : 10/10

Le choix de Laura

La forêt des Mythagos / Robert Holdstock
1 – La forêt des Mythagos
2 – Lavondyss
3 – Le Passe-Broussaille
4 – La porte d’ivoire

Présentation de l’éditeur :

Dans un coin perdu du Herefordshire s’étend le bois de Ryhope, vestige d’une ancienne forêt remontant à la dernière glaciation ; un bois tellement dense qu’il paraît impossible d’y pénétrer au-delà d’une certaine limite.
George Huxley, qui s’est établi avec sa famille à l’orée de Ryhope, est pour d’obscures raisons obsédé par ce bois, par l’idée d’explorer ses profondeurs ; une obsession qui le conduit à négliger sa femme et ses enfants.
Après sa mort, en 1946, ses deux fils se retrouvent à Ryhope où, grâce aux carnets qu’il a laissés, l’étrange vérité sur la forêt leur est peu à peu révélée : dans ce coin de l’ancienne Angleterre, il semble que l’inconscient collectif humain soit capable de donner vie aux peuplades des mythes et des légendes. Et qu’au détour d’un sentier, ou bien derrière un arbre, se dissimulent Guiwenneth, la belle princesse celte, Jason et ses argonautes, le roi Arthur Pendragon et bien d’autres héros encore…

Extrait :

« Je suis la fille de la première heure du matin. Je suis la chasseresse qui dans la lueur de l’aube […] lance le filet dans la clairière aux bécasses. Je suis le faucon qui de haut voit les bécasses s’envoler et se prendre dans le filet. Je suis le poisson […] qui se débat dans l’eau, nageant vers la grande roche grise qui indique les eaux profondes. Je suis la fille du pêcheur qui transperce le poisson. Je suis l’ombre de la haute pierre blanche sous laquelle est couché mon père, l’ombre qui se déplace avec le jour vers la rivière où noagent les poissons, vers les bois où la clairière aux bécassines est bleue de fleurs. Je suis la pluie qui fait courir le lièvre, chasse la biche dans les fourrés, arrête le feu au milieu de la maison ronde. Mes ennemis sont le tonnerre et les bêtes de la terre qui rampent dans la nuit, mais je ne les crains pas. Je suis le cœur de mon père et de son père. Brillante comme le fer, vive comme la flèche, puissante comme le chêne. Je suis le pays. »

Mon avis : 10/10 – Cette série de livres est un chef-d’oeuvre.
Pas facile car on perd vite le fil mais on est très vite récompensé de persévérer. On peut, bien sûr, ne lire que le premier et considérer qu’il y a une fin mais, dans ce cas, on perd la suite de l’histoire et, personnellement, j’ai toujours voulu savoir la vraie fin quand l’histoire est bonne…

Une critique intéressante :

Robert Holdstock est l’un de ces auteurs anglo-saxons certainement partis trop tôt. Son oeuvre la plus célèbre est le cycle de La Forêt des Mythagos, récompensé par un World fantasy et un British SF Awards, et le prix spécial du Grand Prix de l’imaginaire. Après la lecture de ce premier épisode se déroulant dans le bois de Ryhope, vous comprendrez pourquoi.

On découvre vite que les mythagos sont le produit de la réification des mythes par le biais de la conscience collective. En quelque sorte, les héros, les princesses, les soldats des histoires du passé prennent vie aux abords du bois de Rhyope. 
Ce phénomène n’apparaît qu’ici car ce lieu n’a rien de naturel. Il exerce en outre une fascination pour celui qui y vit à proximité. C’est ainsi que le père de Steve et l’un de ses amis scientifiques se sont alors mis à étudier la forêt. Or, elle n’a aucune raison de se laisser explorer et l’on a vite fait de parcourir des kilomètres sans être certain d’en avoir atteint le centre. La raison en est simple, Ryhope égare les visiteurs, engourdit leurs esprits et les fait tourner en rond. Rien ne semble pouvoir y pénétrer. Le contraire n’est pas forcément vrai…

https://www.scifi-universe.com/critiques/7136/la-foret-des-mythagos

Avilion est le dernier roman de Robert Holdstock, son ultime incursion dans la forêt des mythagos. Une odyssée sensuelle, cruelle et pleine de dangers, dont les moindres ne sont pas ceux de la psyché.

Laura : A propos de la mythologie des arbres

Yggdrasil, arbre-monde de la mythologie nordique…

Arbre cosmique issu de l’imaginaire nordique, Yggdrasil est un axis mundi reliant neuf royaumes par ses racines et ses branches.

Les différents royaumes

Yggdrasil possède trois immenses racines, chacune menant à un royaume : Niflheimterritoire des glaces éternellesMuspellheim, le royaume du feu, dirigé par le géant Surt, destiné à détruire les neuf mondes lors du Ragnarök et Helheim, le royaume des morts.

Les royaumes du tronc sont Midgard, monde des hommes, Svartalfheim, royaume des elfes sombres et Jötunheim, terre des géants.

Le royaume des dieux, Asgard, est situé au sommet d’Yggdrasil. Il est relié à Midgard par le Bifrôst, arc en ciel faisant office de pont entre les deux mondes. Les deux autres royaumes des branches sont Alfheim, royaume des elfes de lumière et  Vanaheim, royaume des Vanes.

Les différents royaumes peuvent être regroupés par paires de principes opposés tel que le feu et la glace ou la lumière et l’obscurité. Seul Midgard, le monde des hommes, représente l’équilibre.

Les dangers menaçant Yggdrasil

Littéralement, Yggdrasil signifie « destrier du redoutable, le redoutable étant ici le dieu de la guerre, Odin, père de tous les dieux. Le frêne est si haut que sa cime, qui perce les cieux, surplombe par la même les neuf royaumes. Sous ses racines se trouve la source du destin, Urdr,ainsi que les Normes, déesses de la destinée, régissant le cours du temps, qui arrosent régulièrement Yggdrasil avec l’eau de la source pour éviter qu’il ne dépérisse et pour soigner ses blessures.

Bien qu’Yggdrasil soit un arbre puissant, il se trouve toujours menacé par divers périls, tels que le serpent géant Nidhogg, qui ronge une de ses racines. Ce dernier est régulièrement en conflit avec un aigle résidant dans les plus hautes branches du frêne cosmique, tandis que l’écureuil Ratatöskr ne cesse d’aller et venir sur le tronc du frêne, rapportant les propos de chacun à l’autre pour entretenir leurs désaccords. La chèvre Heidrun, vivant près de la cime de l’arbre, se nourrit de ses feuilles, tandis que quatre cerfs grignotent ses bourgeons. Malgré cela Yggdrasil reste constamment vert, protégé par les Normes.

Ainsi donc, Yggdrasil, l’arbre-monde grandiose, symbolise la lutte perpétuelle entre les forces de la vie et les puissances destructrices, entrela quintessence de la vie et la mort inhérente à la condition humaine.

Source :
http://cestquandmemebiendavoirunjardin.over-blog.com/2017/07/yggdrasil-l-arbre-monde-de-la-mythologie-nordique.html


Mars 2019 : Coups de coeur…

 

2019-03.001

Le choix de Nicole

927148-gf

Ma vie pour la tienne / Jodi Picoult

Présentation de l’éditeur :

Anna est une « enfant-médicament ». Elle seule peut encore sauver sa sœur. Mais Anna ne veut plus se sacrifier…

A treize ans, Anna a déjà subi de nombreuses interventions et transfusions afin que sa sœur aînée, Kate 16 ans, puisse combattre la leucémie qui la ronge depuis son enfance. Anna sait qu’elle a été conçue pour être génétiquement compatible avec Kate et qu’elle est son seul espoir. Cependant, lorsqu’on lui demande de faire don d’un rein, l’adolescente refuse. Elle veut disposer librement de son corps et ira jusqu’au bout pour se faire entendre…

S’inspirant d’un fait réel, Ma vie pour la tienne est un récit choral, qui donne la parole à tous les protagonistes. Ce roman subtil et profondément humain a déjà touché des millions de lecteurs dans le monde.

Extrait :

« Un service de cancérologie est un champ de bataille, régi par une hiérarchie bien définie. Les patients, ce sont eux qui montent la garde. Les médecins entrent et sortent en coup de vent, comme des héros conquérants, mais ils doivent lire le dossier de votre enfant pour se rappeler où ils en étaient restés lors de leur précédente visite. Ce sont les infirmières qui occupent le rang de sergents aguerris – elles sont là quand votre petite grelotte sous l’effet d’une fièvre si forte qu’il faut la baigner dans de la glace ; ce sont elles qui vous apprennent comment drainer un cathéter veineux central, ou vous indiquent l’étage où il reste des bâtonnets glacés à voler, ou vous disent quels sont les teinturiers capables de nettoyer les taches de sang et de chimiothérapie sur les vêtements. Les infirmières montrent à votre fille comment faire des fleurs avec les mouchoirs en papier pour décorer le pied à perfusion et connaissent le nom de son morse en peluche. Les médecins établissent peut-être les plans d’attaque, mais ce sont les infirmières qui rendent le conflit supportable. Vous les connaissez comme elles vous connaissent, parce qu’elles viennent prendre les places des amies que vous aviez dans une vie antérieure, celle qui a précédé le diagnostic… »

L’avis de Nicole : 8/10

 

9782702144749-T

La femme aux fleurs de papier / Donato Carrisi

Présentation de l’éditeur :

La nuit du 14 au 15 avril 1912, tandis que le Titanic sombrait au beau milieu de son voyage inaugural, un passager descendit dans sa cabine de première classe, revêtit un smoking et remonta sur le pont. Au lieu de chercher à sauver sa peau, il alluma un cigare et attendit la mort.

Le 14 avril 1916, dans les tranchées du mont Fumo, quatre ans jour pour jour après le naufrage du Titanic, un soldat italien est fait prisonnier. À moins qu’il ne révèle son nom et son grade, il sera fusillé le lendemain à l’aube. Jacob Roumann, médecin autrichien, n’a qu’une nuit pour le faire parler. Mais le prisonnier veut diriger l’interrogatoire. Sa vie, décrète-t-il, tient non pas à une, mais à trois questions :
« Qui suis-je ?
Qui est Guzman ?
Et qui était l’homme qui fumait sur le Titanic ? « 

De cet instant se noue entre les deux ennemis une alliance étrange autour d’un mystère qui a traversé le temps et su défier la mort.

Extraits :

« Certains hommes viennent au monde pour réaliser quelque chose, d’autres sont ici pour rappeler au monde à quel point il est agréable de vivre. La seconde catégorie est tout aussi nécessaire que la première. »

« Ils l’appelaient guerre mondiale, mais au fond c’était toujours la même merde. Une génération prometteuse d’Autrichiens – les meilleurs fils de la patrie – était venue se faire trucider au nom d’un avenir qu’elle ne connaîtrait jamais. »

L’avis de Nicole : 9/10

 

Le choix de Laura

Tout cela je te le donnerai / Dolores Redondo

9782265117785ORI

Présentation de l’éditeur : 

Interrompu un matin dans l’écriture de son prochain roman, Manuel Ortigosa, auteur à succès, trouve deux policiers à sa porte.
Cela aurait pu n’être qu’un banal et triste accident – une voiture qui, au petit jour, quitte la route de façon inexpliquée. Mais le mort, Álvaro Muñiz de Dávila, est le mari de Manuel, et le chef d’une prestigieuse dynastie patricienne de Galice.
Dans ce bout du monde – sublime peut-être, mais aussi le plus archaïque de toute l’Espagne –commence alors pour Manuel un chemin de croix, au fil duquel il découvre qu’Álvaro n’était pas celui qu’il croyait. Accompagné par un garde civil à la retraite et par un ami d’enfance du défunt, il plonge dans les arcanes d’une aristocratie où la cupidité le dispute à l’arrogance.
Il lui faudra toute sa ténacité pour affronter ces fantômes de secrets impunis, pour lutter contre ses propres démons, et apprendre qu’un rire d’enfant peut mener à la vérité aussi sûrement que l’amour.

Extraits :

« Lire était une défense, un bouclier pour pallier ses difficultés à communiquer. Mais écrire était infiniment plus que cela. L’écriture était un palais, un gigantesque labyrinthe dont il arpentait, pieds nus et le sourire aux lèvres, les pièces secrètes où il s’arrêtait pour caresser des trésors. »

« Des coups impérieux à la porte. Il en compta huit, assurés, rapides, qui appelaient une réponse immédiate. Impossible à confondre avec ceux d’un visiteur, d’un ouvrier ou d’un livreur. Plus tard, il songerait qu’en fin de compte, c’est ainsi qu’on imagine que la police frappe. »

Mon avis : 9/10

Manuel aime Alvaro. Ils sont mariés depuis 10 ans. Manuel est romancier et il a déjà une belle carrière. Alvaro est dans les affaires. Ils habitent à Madrid.
Ce jour-là, la police vient apprendre à Manuel qu’Alvaro est mort dans un accident de la route mais il n’est pas du tout là où il devrait être.
Manuel va découvrir qu’Alvaro est d’une famille noble (il a hérité d’un titre de marquis), qu’il lui a légué toute sa fortune et qu’il y a un mystère derrière toute cette histoire.
Qui, en réalité, était Alvaro?
Un roman passionnant, plein de rebondissements et qui tient le suspense jusqu’aux dernières pages, des personnages qu’on a envie d’aimer ou de détester (parfois les deux ensemble). La description d’une belle région (la Galice) et une belle plume…
J’ai beaucoup aimé!

Voir sur mon blog « En terres étrangères » :

https://ocyaran.wordpress.com/2019/02/28/tout-cela-je-te-le-donnerai-dolores-redondo/

 

Le choix de Gerda

9782702163252-001-T

Les disparus de la lagune / Donna Leon

Présentation de l’éditeur :

Le commissaire Brunetti, surmené par des dossiers compliqués, s’offre une retraite solitaire dans une superbe villa de l’île de Sant’Erasmo, loin de sa femme Paola et de son patron. Il a bien l’intention d’y passer ses journées à ramer sur la lagune vénitienne et à déguster des plats locaux. Mais soudain, le paradis vire au cauchemar quand le gardien de la villa, Davide Casati, disparaît lors d’un violent orage. Personne, pas même la femme qu’il rencontrait le soir en secret, ne sait où il se trouve. Brunetti prend aussitôt l’affaire en main, ignorant que son enquête va le mener à rouvrir d’anciennes blessures et à révéler des secrets scandaleux dissimulés depuis des années dans les brumes de la lagune.

Extraits :

« Le bateau s’arrêta et s’amarra. L a foule matinale des touristes débarqua. Ils partaient à la recherche des dentelles de Burano fabriquées en Indonésie et du verre de Murano fabriqué en Chine, certains que sur une île authentiquement vénitienne, ils trouveraient des produits authentiques. Et à petit prix. »

« Partout, nous avons creusé et abîmé, et fait ce que nous voulions avec la nature. Et regarde ça, avait-il dit en indiquant la lagune sur sa droite, nous l’avons empoisonnée, elle aussi. »

L’avis de Gerda : 9/10

C’est l’analyse d’une sorte de retraite par Brunetti. Il a besoin d’être seul (on ne comprend pas d’emblée la raison).

Les références à la littérature des Anciens (Grecs et Latins) sont constantes comme un ancrage à une base morale, à une stabilité. Quels ouvrages mettra Brunetti dans sa valise?

  • PLINE
  • HERODOTE, dans une nouvelle traduction
  • SUETONE et ses ragots piquants
  • EURIPIDE

Voilà de quoi sera meublé l’ermitage de ce commissaire très cultivé… J’estime qu’il ne faut pas lire la 4e de couverture car c’est du gâchis de divulgâcher comme ça !!

Il est passionnant d’apprendre certaines tractations, par exemple le prix auquel Judas l’Iscariote a vendu Jésus de Nazareth (Evangile de St Mathieu XXVI, 15) à savoir 30 pièces d’argent. Qu’est-ce que cela représente? (Google, chercher article « Les 30 deniers de Judas »). A combien marchande-t-on d’autres têtes aujourd’hui?

La publicité de ce polar l’apparente à un livre de Henning Mankell, je verrais, je n’ai pas achevé ma lecture…

 

Le choix d’Assunta

Un auteur : Ian McEwan

AVT_Ian-McEwan_365

Ian McEwan est un romancier et scénariste anglais, né le 21/06/1948

Il passe une grande partie de sa jeunesse en Extrême-Orient à Singapour, en Afrique du Nord (en Libye), et en Allemagne, où son père, officier écossais dans l’armée britannique, était en poste. Il fait ses études à l’Université du Sussex et l’Université d’East Anglia, où il est le premier diplômé du cours d’écriture créative créé par Malcolm Bradbury.

Ian McEwan s’impose sur la scène littéraire britannique avec des recueils de nouvelles comme Premier amour, derniers rites (First Love, Last Rites, 1975) qui remporte le prix Somerset Maugham en 1976. McEwan s’y montre fasciné par la perversion et l’interdit. Il explore tous les fantasmes les plus bizarres de la sexualité, les outrances et les excès auxquels l’amour peut conduire : crimes passionnels, crimes sadiques…

Viendront ensuite des romans et de nombreuses pièces radiophoniques. L’enfant volé (The Child in Time, 1987) reçoit le prestigieux Whitbread Novel Award (prix Costa) et, en France, le prix Femina étranger 1993. En 2017, le roman est adapté à la télévision avec Benedict Cumberbatch dans le rôle principal.

L’écrivain obtient l’un de ses plus grands succès avec Amsterdam (1998), un ouvrage sur l’ambition et l’adultère qui alimente la controverse. Le livre a été couronné par le Booker Prize for Fiction 1998.

Il explore le monde de l’enfance à travers ses multiples facettes, étudiant également les effets pervers et durables sur une vie d’adulte des actions commises durant l’enfance, comme par exemple dans Expiation (Atonement), 2001. Il s’agit de son roman le plus connu, à l’origine du film Reviens-moi réalisé par Joe Wright en 2007, à la réalisation duquel il participe en tant que producteur exécutif.
Son ouvrage Dans une coque de noix (Nutshell, 2016), va plus loin encore dans l’exploration de l’enfance, si l’on peut dire, puisqu’il lui prend la fantaisie d’imaginer les perceptions du fœtus dans le ventre maternel.

Il habite dans la City de Londres près de la gare St Pancras, une vaste maison victorienne qui apparaît dans son roman Samedi (Saturday, 2005).

Son site : http://www.ianmcewan.com/

41TnfvPBPBL._SX341_BO1,204,203,200_

Dans une coque de noix

Extrait :

« À l’étroit dans le ventre de ma mère, alors qu’il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J’entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l’aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j’apprends que Claude n’est autre que mon oncle : le frère de mon père. Un crime passionnel doublé d’un fratricide qui me fera peut-être voir le jour en prison, orphelin pour toujours ! Je dois les en empêcher. »

L’avis d’Assunta : 9/10

ob_b24768_l-interet-de-l-enfant

L’intérêt de l’enfant

Présentation de l’éditeur :

A l’âge de cinquante-neuf ans, Fiona Maye est une brillante magistrate à la Haute Cour de Londres où elle exerce en tant que spécialiste du droit de la famille. Passionnée, parfois même hantée par son travail, elle en délaisse sa vie personnelle et son mari Jack. Surtout depuis cette nouvelle affaire : Adam Henry, un adolescent de dix-sept ans atteint de leucémie, risque la mort et les croyances religieuses de sa famille interdisent la transfusion sanguine qui pourrait le sauver. Avant de rendre son jugement, Fiona décide soudainement de se rendre à l’hôpital pour rencontrer Adam. Mais cette entrevue, au cours de laquelle elle découvre un jeune homme romantique, poète et musicien, la trouble. Désormais impliquée personnellement, la magistrate décide de tout faire pour sauver Adam. Seulement sa décision n’est pas sans conséquences et elle se retrouve unie au garçon par un lien étrange qui pourrait bien causer leur perte.
Dans ce court roman, Ian McEwan allie avec justesse la froideur de la justice à la poésie et à la musicalité qui imprègnent la vie des personnages. Dans un style limpide, il construit une de ces ambiances oppressantes dont il a la clé et fait preuve d’une complexité thématique impressionnante. A la lecture, les certitudes se dérobent : où s’arrête et où commence l’intérêt de l’enfant ?

Extrait :

« … le bien-être était un concept en mutation, qu’il fallait évaluer avec les critères de l’honnête homme – ou femme – d’aujourd’hui. Ce qui suffisait une génération auparavant pouvait désormais se révéler inadéquat. Et, là encore, ce n’était pas à un tribunal civil de trancher entre des croyances religieuses ou des divergences théologiques. »

L’avis d’Assunta : 9/10

 

Le choix de Colette

CVT_Le-jardin-de-ciment_6720

Le jardin de ciment / Ian McEwan

Présentation de l’éditeur :

« Je n’ai pas tué mon père, mais parfois j’ai l’impression de l’avoir un peu poussé dans la tombe » : ainsi parle Jack, quatorze ans, témoin et acteur d’une aventure peu commune… Ils sont quatre orphelins deux frères, deux sœurs livrés à eux-mêmes dans une maison isolée. Affranchis de l’autorité des adultes, à la fois ravis et apeurés, ils n’ont qu’un désir: se débrouiller seuls, et garder secrète aussi longtemps que possible la disparition de leurs parents. Ivres de liberté, liés par le poids d’un silence trop grand pour eux, ils se regardent partir lentement à la dérive…
Un roman profondément troublant, original et parfaitement maîtrisé, par l’un des « enfants terribles » de la littérature anglaise.

Extrait :

« Les filles peuvent se mettre en jeans, avoir les cheveux coupés court et porter des chemises et des bottes parce que c’est très bien d’être un garçon, que, pour une fille, c’est une promotion. Mais avoir l’air d’une fille quand on est un garçon, c’est dégradant selon toi, parce que, secrètement, tu penses que c’est dégradant d’être une fille. Sinon, pourquoi trouverais-tu que c’est humiliant pour Tom de porter une robe ? »

L’avis de Colette : 8/10

 

39743_1873032

Un de Beaumugnes / Jean Giono

Présentation de l’éditeur :

A la « Buvette du Piémont », un vieux journalier est attiré par un grand gars qui parait affreusement triste et provoque ses confidences : Albin venait de la montagne, de Baumugnes. Trois ans auparavant, il était tombé amoureux fou d’une fille qui s’est laissé séduire par le Louis, « un type de Marseille, un jeune tout creux comme un mauvais radis». Le Louis ne lui avait pas caché que son intention était de mettre la fille sur le trottoir.
Depuis, Albin était inconsolable, traînant de ferme en ferme, sans se résoudre à remonter à Baumugnes.
Alors le vieux, qui n’est que bonté, décide d’aider Albin…
Rempli d’amour, de tendresse et de fraîcheur, Un de Baumugnes est le second roman de la trilogie de Pan, les deux autres étant Colline et Regain.

Extrait :

« -Qu’est ce que c’est que ça, Clorinde?
Ça, c’était une musique de vent, ah, mais une musique toute bien savante dans les belles choses de la terre et des arbres.
Ça sentait le champ de maïs ténébreux : de longues tiges et de larges feuilles.
Ça sentait la résine et le champignon et l’odeur de la mousse épaisse.
Ça sentait la pomme qui sèche.
– Ça fait Clorinde, c’est lui en bas, qui se désennuie en jouant de la musique. C’est comme ça tous les jours. C’est rudement beau
Oui, c’est rudement beau.
Et ça poignait durement dans le milieu du ventre comme quand on vous dit l’expression de toute la vérité bien en face. »

L’avis de Colette : 10/10

 

Le choix de Noële

Le-cercle-Pouchkine

Le cercle Pouchkine / Simon Montefiore

Présentation de l’éditeur :

Moscou, 1945. Tandis que Staline et ses courtisans célèbrent la victoire sur Hitler, des coups de feu retentissent. Sur un pont proche du Kremlin, deux adolescents, un garçon et une fille, gisent inertes. Meurtre passionnel ? Suicide romantique ? Pour la police, il ne s’agit pas d’une affaire ordinaire : ces deux adolescents étaient les enfants de dirigeants soviétiques haut placés et fréquentaient l’école la plus prestigieuse de Moscou. Celle-la même qui accueille les enfants de Staline. Plus terrible encore : un carnet de velours a été retrouvé sur le lieu du crime. À l’intérieur, les fondements d’un parti  » romantique  » qu’auraient souhaité créer les membres du Cercle Pouchkine. Et si ces adolescents passionnés de littérature russe avaient cherché à renverser le régime ? Emportés dans la tourmente de cette vaste enquête dirigée par Staline lui-même, Serafima, la fille de la coqueluche de Moscou, et Andreï, fils d’un exilé, se retrouvent piégés, victimes d’une chasse aux sorcières qui les dépasse. Un à un, les élèves signataires du Cercle sont convoqués dans la pire des prisons moscovites, forcés de témoigner contre leurs amis… mais aussi contre leurs parents. Qui sait ce qu’ils pourraient révéler ? Secrets de famille, histoires d’amour illicites, dans un monde occulté par la peur, où la fortune ne protège personne, la moindre erreur pourra leur coûter la vie…

Extrait :

Une enchanteresse aimante
M’a donné son talisman.
Elle m’a dit avec tendresse :
Tu ne dois pas le perdre.
Son pouvoir est infaillible,
Il t’a été donné par l’Amour.
                      Alexandre POUCHKINE, Le talisman

L’avis de Noële : 7/10

 

AVT_Eric-Holder_9219

Un auteur : Eric Holder

Éric Holder est un romancier né à Lille en 1960, mort à Queyrac en 2019.

Il passe son enfance en Provence. Il commence à écrire très tôt, et se voit refuser son premier manuscrit en 1976, par André Bay, (des éditions Stock), qui l’encourage à se remettre au travail. Après avoir obtenu son bac en 1979, il étudie le chinois à l’Université d’Aix en Provence et devient garde malade pour un temps. Puis en 1980 il emménage à Paris où il exerce divers petits boulots. Quatre ans plus tard, en 1984, il inaugure avec ses Nouvelles du Nord le catalogue d’une nouvelle maison d’édition, Le Dilettante.

C’est en 1985 qu’il publie son premier roman Manfred ou l’hésitation. Les romans qui suivront lui vaudront d’obtenir de nombreux prix littéraires, l’auteur est salué pour la grâce et la légèreté avec lesquelles il raconte la vie quotidienne des sentiments.

En 1989 il reçoit le Prix Fénéon pour Duo Forte publié chez Grasset. En 1994, La Belle Jardinière, publié au Dilettante, obtient le prix Novembre. En 1996, Eric Holder reçoit le Prix Roger Nimier pour les nouvelles En Compagnie des Femmes.
C’est en 2000 que paraît La Correspondante, livre le plus abouti d’Éric Holder et roman à part entière.

Ses romans, Mademoiselle Chambon (1996), L’Homme de chevet (1995) et Bienvenue parmi nous (1998) ont été adaptés au cinéma en 2009 et 2012.

Il a présidé en 2010 le jury du concours de nouvelles d’Ozoir-la-Ferrière.

D’abord installé un temps à Paris, puis dans un hameau de la Brie à Thiercelieux ; il vivait depuis 2005 dans le Médoc, près de Pauillac. Éric Holder a tenu, pendant trois ans, une bouquinerie en pleine campagne, dans une dépendance de leur thébaïde du Médoc.

L’avis de Noële : 10/10

 

Une découverte : Mathias Malzieu

AVT_Mathias-Malzieu_1838

Mathias Malzieu est un chanteur, musicien et écrivain français, né à Montpellier en 1974.

Un temps tenté par la carrière de tennisman, une blessure le force à renoncer à son rêve. Pendant sa convalescence, il se met à écrire des chansons en jouant de sa guitare.
En 1993, il fonde avec ses amis de lycée Éric Serra-Tosio, Michaël Ponton et Guillaume Garidel (la chanteuse et violoniste Babet les rejoindra en 1997) le groupe Dionysos, qui devient l’un des groupes de rock les plus populaires de France avec les albums Haiku en 1999 et Western sous la neige en 2002, porté par la chanson Song for Jedi, pour lequel le groupe récolte un disque d’or et une nomination aux Victoires de la musique.

En parallèle, Mathias Malzieu mène une carrière d’écrivain. Il écrit un recueil de nouvelles, 38 mini westerns avec des fantômes (2003), et deux romans. Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (2005) a été écrit après le décès de sa mère et en l’honneur de sa sœur Lisa, et a inspiré l’album Monsters in Love. Il a été suivi en 2007 par La Mécanique du cœur, dont on retrouve des éléments de l’histoire dans l’album musical du même nom.

Il a également écrit des textes pour d’autres interprètes, notamment Olivia Ruiz, qui a été sa compagne de 2005 à 2011. En 2010, il fait une apparition dans le film Gainsbourg, vie héroïque de Joann Sfar dans lequel il interprète un musicien de Serge Gainsbourg sur scène sur la chanson Nazi Rock avec ses compères de Dionysos.

En 2011 est publié son roman Métamorphose en bord de ciel qui va permettre d’inspirer quelques chansons de l’album Bird ‘n’ Roll de Dionysos sorti en mars 2012. Un nouveau roman, Le plus petit baiser jamais recensé, est paru en 2013. En 2014, il adapte La Mécanique du cœur en film d’animation intitulé Jack et la Mécanique du cœur, dont il est coréalisateur avec Stéphane Berla.

Mathias est atteint d’une aplasie médullaire et est contraint de subir une greffe de moelle osseuse en 2013. Lors de son hospitalisation, il rédige un journal intime intitulé Journal d’un vampire en pyjama, qui est édité en 2016, ainsi qu’un nouvel album homonyme. Le livre obtient le Prix France Télévision – Essai 2016 et le Grand Prix des lectrices Elle – Documents 2017.

Début 2019, les éditions Albin Michel publient son roman Une sirène à Paris.

page Facebook : https://www.facebook.com/MathiasMalzieuDionysos/
Twitter : https://twitter.com/mathiasmalzieu

 

Le choix de Monique

monsieur-hulot-sur-la-plage-9782812607530_0

M.Hulot à la plage / David Merveille

https://www.ricochet-jeunes.org/livres/monsieur-hulot-la-plage

L’avis de Monique : 10/10

 

9782246863632-001-T

Montrez-moi vos mains / Alexandre Tarraud

Alexandre Tharaud, pianiste à lire absolument

Par le biais d’une conversation avec le musicologue Nicolas Southon autour de sa discographie, était déjà présent dans nos bibliothèques avec l’ouvrage Piano intime paru en 2013. Aujourd’hui, bien au-delà d’une simple biographie, Montrez-moi vos mains lève le voile sur la manière dont le musicien aborde son métier, et sur le quotidien d’un pianiste qui voyage pour transmettre et émouvoir.

On appréhende toujours un ouvrage biographique sur une grande personnalité du monde artistique. Les musiciens ne couchent que rarement leurs mots sur le papier (et souvent maladroitement), préférant l’aide d’une plume intermédiaire qui n’extrait généralement de leurs pensées qu’un simple objet commercial sans véritable saveur. Devrions-nous alors ne côtoyer qu’à travers ses concerts ou son dernier disque, pour éviter toute déception ?

Construit autour de chapitres courts, de phrases rythmées et souvent percutantes, d’un discours clair et dynamique, ce livre peut intéresser autant les inconditionnels de musique que les novices, autant les musiciens professionnels que les simples spectateurs, autant le public du pianiste que ceux qui n’ont jamais entendu son jeu. Mais au-delà de l’accessibilité de cet écrit, c’est sa richesse qui en fait sa principale force. Riche d’humanité, de sensibilité, de recul, d’humour. De sincérité surtout. Parce qu’Alexandre Tharaud révèle sans détour ses faiblesses (« mes petites granules [homéopathiques], mon corps et moi, […] on s’écoute et on se tient les coudes »), ses obsessions (il ne dort que dans des chambres dont le numéro est un multiple de 9) et ses peurs (« la peur du trou de mémoire me tordait les boyaux depuis des années »). Sa solitude, son repli, il les vit comme une nécessité : « seul, pour mieux partager ».

Touchante aussi, l’évocation du souvenir de Bucéphale, son piano qui l’a conduit à ses premiers pas de concertiste, « mon ami intime, mon frère », et dont il recherche encore l’odeur à chaque répétition, à chaque concert. L’instrument est un compagnon de route, un compagnon de vie : tous les musiciens vous le diront. Mais la singularité de ce pianiste est qu’il vit en « SPF – sans piano fixe ». Les instruments qu’il découvre au fil des concerts sont aussi la source de son interprétation : « Une inégalité, une note enrouée, une raideur mécanique, un clavier pesant, trop vif, voilà de belles opportunités pour s’adapter, emprunter de nouvelles voies. »

Solitaire mais observateur, Alexandre Tharaud se lie à chaque personne qu’il rencontre sur son chemin d’artiste : la qualité des portraits dans cet essai l’atteste. Quelle sensibilité avec cet agent de sécurité, à quelques minutes d’entrer en scène, dont Alexandre Tharaud s’inquiète de savoir s’il ne va pas s’ennuyer durant le récital ; avec ces accordeurs de piano qui travaillent en osmose avec l’interprète pour proposer le meilleur potentiel possible au piano du soir ; avec les journalistes et l’impact si éphémère de leurs articles de presse ; avec les tourneurs de page, ses « compagnons de route » depuis que le pianiste a décidé de ne plus jouer de mémoire… C’est avec finesse, humour et bienveillance que l’interprète trace aussi plusieurs portraits de spectateurs, n’hésitant pas à fournir un manuel de bienséance à son public.

Mais cet essai, c’est surtout de la musique : « Bach demande une concentration permanente », « on est nu chez Mozart », « Chopin tient en équilibre », « Rachmaninov procure une grande aisance », « on joue Ravel en chirurgien minutieux », « Satie ne s’interprète pas, il se délivre dans le renoncement… » Lorsqu’il est en manque d’inspiration, son jeu s’imprègne de la sagesse d’Emil Gilels, de la fluidité de Rudolf Serkin, de la cohésion d’Arturo Benedetti Michelangeli, de la folie de Samson François… L’histoire du métier d’interprète, de la facture de l’instrument, du rituel du récital : tout cela est abordé avec fantaisie (« Jeu de mains jeu de vilains, Dussek a inventé le soliste-prédateur ») et toujours beaucoup d’humilité (« C’est à eux [les facteurs], véritables aventuriers, que nous devons notre métier. […] Nous sommes les humbles échos de vos audaces d’alors »).

 

https://next.liberation.fr/livres/2017/08/09/alexandre-tharaud-le-soliste-et-ses-fantomes_1589093

Posté face à la scène, le spectateur trouve le côté jardin à sa gauche, le côté cour à sa droite. Pour s’en souvenir, il suffit de penser à Jésus-Christ, jardin-cour. De la scène, l’artiste sait que le côté cour est à sa gauche, car cœur comme cour. Alexandre Tharaud évoque cour et jardin dans son ouvrage Montrez-moi vos mains, mais il parle aussi beaucoup de cuisine. Le pianiste international, fierté française au large répertoire, maigre silhouette mais amoureux des desserts, se montre merveilleusement disert quand il raconte les coulisses d’une carrière, la partie immergée du clavier, la cuisson du récital. Et sa tambouille se dévore.

Avec l’apparence du naturel, Tharaud déroule un récit sophistiqué, construit en trois parties («Naissance», «Désir», «Feux»). Le pianiste démonte les mécanismes de son quotidien en même temps qu’il raconte à peu près chronologiquement une journée de récital. Tharaud ne se prive pas d’harmoniser ses courts chapitres : tous déroulent un thème (la projection du son, les trous de mémoire, le chiffre 9…) qui se rattache au fil des paragraphes à un environnement plus large (les accordeurs, les tourneurs de page, la numérologie…). Son long périple vers le clavier est imbriqué dans un voyage plus ample et qui le dépasse : celui de la naissance du pianiste soliste, racontée par petites touches, depuis les années 1830, avec le compagnonnage et l’ambivalence entre Chopin et Liszt, l’importance des facteurs de piano, les grandes évolutions et figures totémiques, la généalogie aujourd’hui asséchée.

Piscines

Que le lecteur ne s’attende pas à découvrir ici des anecdotes folles (encore que celle du spectateur chinois qui monte sur scène pendant le récital pour photographier le pianiste est bien barrée) ou encore le secret du mystère d’un concert réussi (il n’y en a pas, tout est affaire d’adaptation et d’acceptation, depuis le premier geste du matin). Ce que raconte Alexandre Tharaud n’a rien de neuf : les éclairages historiques se retrouvent dans les dictionnaires de musique, la vie des solistes au gré des hôtels est visible dans une avalanche de documentaires télé, et le ressenti de Tharaud sur tel ou tel compositeur nourrit ses interviews. On est pourtant aspiré par l’ouvrage, qu’on avale d’une traite en en redemandant 100 pages supplémentaires. Car la valeur de Montrez-moi vos mains réside incontestablement dans la personnalité complexe et attachante de son auteur. Pianiste ? Bof. Plutôt homme-théâtre : père baryton, mère danseuse, sœur prof de chant. Petit, le bonhomme construisait des maquettes de salles de spectacles. Plus grand, devenu insomniaque, il se perd tant entre les touches de l’instrument qu’il refuse d’en avoir un chez lui. Quand Tharaud, musicien sans instrument, évoque le piano ou la musique, ce sont directement le piano et la musique qui par lui s’expriment.

Le garçon pâle, assidu des piscines internationales où il noie les décalages horaires, se veut pourtant humble passeur, un filtre éclairé, entre la partition et le public, qui désire se faire oublier. Mais comment le peut-il ? Lui, la star multisupport – disques, concerts, films, et qui maintenant écrit ? Pour prouver son statut de fantôme, Tharaud raconte sa vie d’errances, le caractère passif des journées de concert, où il attend, écoute son corps, observe les autres, juge les lieux, pense aux absents, parle avec les morts. Jamais mécontent mais toujours un peu nostalgique. Puis le pianiste rend justice à une batterie d’invisibles, son armée, qui rôde comme lui autour des claviers : accordeurs, tourneurs de pages, agent, producteurs, organisateurs, professeurs… Ce sont aussi eux qui façonnent la géographie d’une interprétation : quels sont les territoires partagés avec l’accordeur, le soliste choisit-il ses concerts, qui décide des programmes ?

Cocon

Tharaud se dévoile lorsqu’il compile les tours du monde : des salles qu’il a pratiquées, des compositeurs qu’il aime, des spectateurs qu’il voit de profil. Le pianiste à la mémoire rongée par les somnifères connaît pourtant sur le bout des doigts toutes les pièces du puzzle qui se construit et se défait à chaque récital : les tousseurs, les anti-tousseurs, Madeleine et son bonbon bruyamment déballé, les fleurs dont on ne sait que faire, le dernier applaudissement qui clôt le spectacle, le grésillement du haut-parleur quand on appelle l’artiste dans sa loge, l’interdiction des ascenseurs, les deux pompiers dans la coulisse… Tous ces éléments qui se mettent en place, Tharaud les aime, même les plus désagréables, car ils sont là, ils adviennent. Le soliste passe sa vie à voyager pour retrouver un cadre immuable, et sa course incessante aboutit à un cocon rassurant. «Le bruissement du public semble encore loin, il se trouve pourtant à quelques mètres. Nous vivons un décalage. Eux dans le déploiement de la parole, avant le silence imposé, moi dans le recueillement. Je suis là, ils ne le savent pas encore. De son casque, le régisseur reçoit les ordres. La salle s’obscurcit à son tour. Nous voilà à égalité. Personne ne dit mot. Les projecteurs enflamment la scène, je n’attends que le signe du régisseur pour enjamber la frontière invisible, un grand bond dans le vide, en une fraction de seconde me retrouver chez moi.»

Guillaume Tion

L’avis de Monique : 9/10

 

Le choix d’Alberte

AVT_Colin-Dexter_1426

Un auteur : Colin Dexter

Norman Colin Dexter, plus connu sous son nom de plume Colin Dexter, est un auteur britannique de romans policiers, né à Stamford en 1930 et décédé à Oxford en 2017.

Il a fait ses études à Cambridge dont il sort diplômé en 1953. Il commence alors une carrière d’enseignant de grec et de latin dans des établissements des Midlands. Affecté par de graves problèmes de surdité (comme le personnage de son roman Les silences du Professeur), il trouve, en 1966, une place au Centre des examens de l’Université d’Oxford où il s’installe définitivement.

À l’instar de son créateur, le personnage de l’inspecteur principal Morse, du CID (Criminal Investigation Departement), mélomane et grand amateur de bière devant l’Éternel, est passionnément attaché à sa ville d’adoption. Il sera le héros d’une série de 13 romans et un nombre indéterminé de nouvelles.

Le personnage de l’Inspecteur Morse est devenu le héros d’une série télévisée britannique à succès, dans laquelle chaque épisode voit apparaître fugacement Colin Dexter, à la façon d’un Alfred Hitchcock.

L’avis d’Alberte : 10/10

Bijoux de famille / Colin Dexter

Présentation de l’éditeur :

De l’inspecteur Morse qui fait son entrée dans le club des  » Grands détectives « , son créateur a avoué qu’il est un personnage semi-autobiographique :  » Morse partage ma passion pour Wagner, les mots croisés, la bière et les femmes. J’ai voulu qu’il soit très intelligent : j’ai toujours admiré les gens qui remplissent une grille de mots croisés en deux minutes. Ils ont une agilité intellectuelle et une façon d’aller droit au but qui me fascinent. C’est la raison pour laquelle j’ai toujours aimé les héros de John Dickson Carr : le Dr. Gideon Fell et Sir Henry Merrivale.  » On verra, en lisant Bijoux de famille et Mort d’une garce que l’inspecteur Morse est bien digne de ces glorieux aînés, et pourquoi il est devenu, outre-Manche, devant Hercule Poirot et Sherlock Holmes, le héros préféré des amateurs d’histoires policière

L’avis d’Alberte : 10/10

 

Le choix de Michelle

Capture d’écran 2019-04-13 à 18.51.19

Le grand Santini / Pat Conroy

Présentation de l’éditeur :

Entrez dans le monde épouvantable, fier et cruel, de Bull Meecham, dit « Le Grand Santini »!

Bull, comme son prénom l’indique (Taureau), n’est pas un personnage de tout repos. As de l’aviation américaine, marine farouche, pétri de morale catholique et de principes d’ordre, il mène la vie dure à ses surbordonnés, bien sûr, mais surtout à sa famille. Sa femme Lilian est partagée entre l’amertume et l’admiration du héros. Et ses quatre enfants supportent tant bien que mal l’autorité démentielle du tyran. Ben, notamment : à dix-huit ans, âge où, en 1962, dans un milieu conservateur, se forger une personnalité n’est guère aisé, il va devoir affronter le Père.

Pat Conroy, on le sait depuis Le Prince des marées, est un maître dans l’art de mettre en scène les drames familiaux, de décrire les passions les plus violentes sur fond d’Amérique puritaine et sudiste.

Le Grand Santini est un grand livre sur la haine et l’amour.

Extrait :

« […] … – « Tu aimes bien gagner, hein, p’pa ? » dit-il d’un ton qui se voulait détaché, maîtrisé, mais où perçait la peur.

Bull s’approcha encore jusqu’à ce qu’ils fussent presque nez contre nez, comme Ben l’avait vu faire aux instructeurs avec les recrues. Bull se mit à lui frapper le menton du bout de l’index. « Tu fais le malin avec moi, rigolo, et je te fais rejoindre ta mère là-haut à coups de pompes dans le train. Comme ça vous pourrez chialer entre gonzesses. Tu vas venir te défendre. Deux d’avance pour gagner.

– Non, papa, je ne rejoue pas. J’ai gagné, » dit Ben d’une voix qui se brisait. Il se sentait sur le point de pleurer.

Cela n’échappa point à son père. « Vas-y, le chéri à sa maman. Mais vas-y, je veux te voir chialer, » rugit Bull de toute la puissance de sa voix. Une voix de terrain d’exercices, une voix à couvrir le sifflement des réacteurs, à se faire entendre au milieu du vacarme des combats. Il prit le ballon de basket-ball et l’envoya rebondir sur le front de son fils. Celui-ci tourna les talons pour gagner la maison, mais Bull se mit à le suivre, lui envoya le ballon dans la tête à intervalle de trois pas. Il psalmodiait : « Chiale, chiale, chiale » Chaque fois que la balle rebondissait sur le crâne de son fils. Ben traversa la cuisine, traversa le salon, sans jamais lever les mains derrière la tête pour se protéger ni tenter d’esquiver. Il marchait et, faisant appel à tout son pouvoir de concentration, s’efforçait de ne pas pleurer. C’était tout ce qu’il entendait retenir de cette expérience, l’assurance de n’avoir pas pleuré. Il voulait montrer à son père un aspect de son courage et de sa dignité. Le ballon continua de lui persécuter la tête pendant la montée de l’escalier. Ce crâne aux cheveux courts, raidi par le récent passage chez le coiffeur, cette tête en cet instant vulnérable, désemparée, haïe. Ben savait que dès qu’il atteindrait sa chambre, l’épreuve prendrait fin. Et qu’il aurait la nuit pour réfléchir à tous les symboles de cette longue marche : la tête des fils, l’orgueil des pères, les vainqueurs, les perdants, le visage des épouses battues, la peur des familles, les samedis sous le règne du Grand Santini – mais d’abord, dans le couloir et les escaliers, il ne faut pas que je pleure, il ne faut pas que je pleure. Jusqu’à ce que sa chambre fût en vue. Il se mit à courir et, la tête saisie d’une douleur lancinante, il sentit que Bull le relâchait, le libérait, et le fils du pilote de chasse se jeta à plat, ventre sur son lit, de crainte que les larmes ne jaillissent s’il ne les endiguait dans la fraîcheur de l’oreiller. Il entendit son père qui disait, planté sur le seuil en sorte que toute la famille pût l’entendre : « Tu es ma fille préférée, Ben. Je jure devant Dieu que tu es la petite chérie à son papa. »

Alors, se tournant vers la porte, aveuglé par les larmes et la lumière, Ben rétorqua : « Oui, papa, et la petite chérie t’a battu à plates coutures. »

La porte se referma violemment. … […] »

L’avis de Michelle : 9/10

 

Le retour de Jim Lamar / Lionel Sälun

Capture d’écran 2019-04-13 à 19.06.57

Présentation de l’éditeur :

Jim Lamar? « Quand je dis que c’est pas lui, je veux dire que c’est plus lui. » Voici le commentaire qui accueille après treize ans d’absence le revenant, le rescapé de la guerre du Vietnam. Un pays dont on se soucie peu ici à Stanford: l’interminable Mekong est si loin du boueux Mississippi. Et le retour tardif de Jim – Saigon a été abandonné depuis de longues années par les troupes américaines – n’est plus souhaité par personne. Son intention de se réapproprier la ferme familiale, objet de toutes les convoitises, et ses manières d’ermite dérangent tout le monde. Tout le monde, à l’exception du jeune Billy qui, en regardant et en écoutant Jim le temps d’un été, va en apprendre bien plus sur les hommes que durant les treize années de sa courte existence.

Extrait :

« Il y a quand même une chose que tu dois savoir. Il y a trois sortes de gars qui sont revenus de là-bas: les vivants, les morts et les morts-vivants ! Et quelque chose me dit que Jim Lamar fait partie de la troisième catégorie… »

L’avis de Michelle : 9/10

 

Février 2019 : Villes du monde

Haas Richard Cityscapes
Cityscapes / Richard Haas

Gerda nous a concocté une introduction

Les villes dans le roman

Quantité d’histoires se passent dans une ville : on pense à Mort à Venise / Thomas Mann ; Le bourgmestre de Furnes / Georges Simenon ; La plage d’Ostende / Jacqueline Harpmann ; Bruges-la-morte / Georges Rodenbach…

Les enquêtes du commissaire Brunetti se déroulent toujours à Venise ; celles du commissaire Maigret souvent à Paris ; celles du commissaire Wallander souvent à Ystad, une petite ville de Scanie en Suède…

C’est que toute histoire racontée nous projette quelque part, à un moment donné, avec des gens à qui il arrive quelque chose.

Les villes semblent tenir un rôle parfois plus grand qu’un décor. Elles pénètrent le personnage, elles installent le climat et deviennent alors (presque) un personnage.

Et que dire des villes imaginaires? Troie, ancienne ville de l’Asie mineure, est localisée aujourd’hui à Hissarlik (Turquie). C’est devenu une ville de légende, racontée par Homère dans l’Iliade. La guerre de Troie, le Cheval de Troie restent dans l’esprit collectif…

 

Le choix d’Assunta

9782253156109-001-T

Le roman de Saint-Pétersbourg / Vladimir Fedorovski

Présentation de l’éditeur :

A l’occasion du tricentenaire de Saint-Pétersbourg, Vladimir Fédorovski met en scène les grands moments de l’histoire sentimentale de cette ville insolite créée par la seule volonté de Pierre le Grand au bord de la Néva.
Pierre Ier et son impératrice paysanne, Catherine II et son vigoureux compagnon le prince Potemkine, Alexandre Ier et son égérie occulte, mais aussi les grands artistes et hommes de lettres russes et occidentaux (Pouchkine, Dostoïevski), les poètes du siècle d’Argent, le chevalier d’Eon, le marquis de Custine, Balzac) sont les personnages de ce roman vrai qui nous convie à une promenade romantique dans la Venise du Nord.
Une traversée étonnante dans le temps et l’espace, dans les palais étincelants de Saint-Pétersbourg d’hier et les rues sinueuses de Leningrad, sur les traces des hommes et des femmes qui y ont connu le coup de foudre.
Cet ouvrage s’appuie sur des archives tirées des fonds confidentiels récemment rendus accessibles en Russie et sur des témoignages inédits. Des pages marquées par le mystère, l’évasion, l’aventure et le défi.

L’auteur :

1200px-Vladimir_Fedorovski

Vladimir Fédorovski (en russe : Владимир Федоровски) né à Moscou en 1950, est un écrivain et ancien diplomate russe.
Vladimir Fédorovski a d’abord été élève à l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Ayant acquis une parfaite connaissance des langues anglaise, française et arabe, il a commencé par travailler comme attaché à l’ambassade soviétique de Mauritanie, avant d’être nommé dans les années 1970 interprète au Kremlin, assistant Léonid Brejnev dans ses rencontres avec les dirigeants des pays arabes. En 1977, il est nommé à l’ambassade soviétique à Paris et en 1985, passe un doctorat d’État en histoire sur le rôle des cabinets dans l’histoire de la diplomatie française.
De retour à Moscou, il travaille au ministère des affaires étrangères comme chef de cabinet du vice-ministre Vladimir Petrovski (qui écrit les discours de Léonid Brejnev et du ministre Gromyko), et fait la connaissance d’Alexandr Iakovlev, émince de Gorbatchev et futur inspirateur de la perestroïka ; Fédorovski sera ensuite nommé conseiller diplomatique pendant la période de la glasnost. Partisan de Gorbatchev, il est porte-parole du Mouvement des réformes démocratiques pendant le putsch de Moscou d’août 1991, s’opposant à la ligne « dure » du Parti communiste.
Devenu écrivain, il enseigne à HEC depuis 1992, a été fait officier des Arts et des Lettres et a obtenu la nationalité française en 1995. Membre de la Société des auteurs de Normandie, il est également conseiller historique au Mémorial de Caen pour la période de la guerre froide, et a été distingué de plusieurs prix littéraires dont le prix d’histoire André Castelot en 2006. Il a publié son premier roman en 1997, Les Deux sœurs (Lattès), puis une série romanesque de l’histoire russe en trois volumes (Le Roman de Saint-Petersbourg, Le Roman de Moscou, et Le Roman de la Russie insolite) de 2003 à 2004 ; il dirige par ailleurs la collection « Le Roman des lieux magiques » des Éditions du Rocher et est Président d’honneur de la Fédération Française des Salons du livre.
Récipiendaire de plusieurs prix littéraires, il a dernièrement publié Le Roman de la perestroïka (éd. du Rocher, 2013) ; Poutine, l’itinéraire secret (éd. du Rocher, 2014) et Dictionnaire amoureux de Saint-Pétersbourg (éd. Plon, 2016).
(source : lefigaro.fr via Babelio)

L’avis d’Assunta : 9/10

 

Capture d’écran 2019-02-27 à 14.09.48

Trieste, une identité de frontière / Claudio Magris & Angelo Ara

Présentation de l’éditeur :

Gagner, mériter, revendiquer l’identité de celui qui n’est nulle part, c’est-à-dire d’une ville de frontière, pôle d’attraction grâce à son dynamisme économique, melting-pot où se côtoient la culture italienne, la tradition germanique, l’effervescence slave, enjeu d’un combat entre l’Italie et l’Autriche, puis la Yougoslavie – cette ville qui « est littérature » et que hantent les grandes figures de Svevo, de Saba et de Joyce et de tant d’autres…

Les auteurs se sont attachés à faire le point de tous les tiraillements linguistiques, démographiques, politiques et culturels ayant présidé à « l’identité de frontière » de cette fille naturelle de Vienne et adoptive de Rome, de ce carrefour jadis stratégique de la Mitteleuropa, nostalgique et boulimique de ses splendeurs passées, qui reste une des capitales littéraires du siècle et le laboratoire de l’Europe.

L’auteur :

Claudio Magris (Trieste, 1932), écrivain renommé, germaniste et journaliste italien, est l’héritier de la tradition culturelle de la Mitteleuropa qu’il a contribué à définir.
Angelo Ara (1942-2006), a été un spécialiste de l’histoire austro-hongroise, des rapports entre l’Italie et l’Autriche, et des minorités ethniques et culturelles en Italie.
(source : éd. Seuil)

L’avis d’Assunta : un ouvrage extrêmement bien documenté

 

Le choix de Colette

71UfEUa59iL

Tempo di Roma / Alexis Curvers

Présentation de l’éditeur :

Publié pour la première fois en 1957, Tempo di Roma connut dès sa parution un succès considérable. La ville éternelle, encore marquée par la guerre et le contraste pauvreté-richesse qui s’en était suivi, s’y trouvait célébrée, il est vrai, dans une fiction éblouissante de mascarades, d’érudition et de sensibilité. Or les mésaventures de Jimmy — le narrateur venu du Nord –, ses démêlés avec les milieux louches, les cercles mondains et les sphères ecclésiastiques sonnent aujourd’hui avec le même esprit, et sur la vie de ce héros pasolinien traité dans la manière de Fellini plane toujours l’ombre de la passion que, sans l’avouer, lui vouait l’étrange sir Craven. Un roman qui fait partie des « mémorables » de notre temps.

L’auteur :

curver02

Alexis Curvers (Liège le 24 février 1906 – le 7 février 1992) est un écrivain belge d’expression française. Il est l’époux de l’helléniste Marie Delcourt.
Son œuvre la plus connue est sans doute son roman Tempo di Roma, qui obtint le prix Sainte-Beuve en 1957 et fut adapté au cinéma par Denys de La Patellière en 1963 sous le même titre : Tempo di Roma.
En 1960, Alexis Curvers a reçu le prix littéraire Prince-Pierre-de-Monaco pour l’ensemble de son œuvre.
(source : Wikipédia)

 

product_9782070762682_195x320

Montedidio / Erri De Luca
(Montedidio est un quartier de Naples)

Présentation de l’éditeur :

«Chacun de nous vit avec un ange, c’est ce qu’il dit, et les anges ne voyagent pas, si tu pars, tu le perds, tu dois en rencontrer un autre. Celui qu’il trouve à Naples est un ange lent, il ne vole pas, il va à pied : « Tu ne peux pas t’en aller à Jérusalem », lui dit-il aussitôt. Et que dois-je attendre, demande Rafaniello. « Cher Rav Daniel, lui répond l’ange qui connaît son vrai nom, tu iras à Jérusalem avec tes ailes. Moi je vais à pied même si je suis un ange et toi tu iras jusqu’au mur occidental de la ville sainte avec une paire d’ailes fortes, comme celles du vautour. » Et qui me les donnera, insiste Rafaniello. « Tu les as déjà, lui dit celui-ci, elles sont dans l’étui de ta bosse. » Rafaniello est triste de ne pas partir, heureux de sa bosse jusqu’ici un sac d’os et de pommes de terre sur le dos, impossible à décharger : ce sont des ailes, ce sont des ailes, me raconte-t-il en baissant de plus en plus la voix et les taches de rousseur remuent autour de ses yeux verts fixés en haut sur la grande fenêtre.»

L’histoire d’un adolescent de 13 ans qui entre en apprentissage chez un ébéniste et qui va quitter peu à peu l’enfance et découvrir l’écriture et la vie…

L’auteur :

avt_erri-de-luca_6901

Erri De Luca (né Henry De Luca en 1950) est un écrivain, poète et traducteur italien.
D’origine bourgeoise, il est destiné à une carrière de diplomate. Il s’y refuse, rompt avec sa famille et en 1968, embrasse le mouvement de révolte ouvrière. Il intègre le mouvement d’extrême gauche : Lotta Continua, dont il sera dirigeant de la fin des années soixante au début des années soixante-dix. De communiste, il passera à l’anarchisme.
Il multiplie les métiers manuels : ouvrier spécialisé chez Fiat à Turin, manutentionnaire à l’aéroport de Catane, maçon en France et en Afrique, conducteur de camions.
De son père, il conserve son amour pour les livres.
Pendant la guerre de Yougoslavie, il s’engage comme conducteur auprès d’une association humanitaire, et convoie des camions de ravitaillement en Bosnie.
Bien qu’il ait commencé à écrire à l’âge de vingt ans, son premier livre ne paraît qu’en 1989 (Une fois, un jour). Il obtient le prix Femina en 2002 pour Montedidio et le Prix européen de littérature en 2013.
Bien qu’il se dise athée, il lit quotidiennement la Bible et a appris l’hébreu ancien pour pouvoir lire et traduire les textes sacrés. Nombre de ses livres sont des réflexions et variations sur sa lecture exégétique de la Bible, comme Noyau d’olive, Les Saintes du scandale, Au nom de la mère ou encore Un nuage comme tapis.
C’est un passionné d’alpinisme, sujet sur lequel il a écrit de nombreux articles ainsi qu’un livre, Sur les traces de Nives. Il est également passionné d’escalade, qu’il a découvert tardivement et qu’il a pratiqué à haut niveau. En 2015, il a été victime d’un accident neurologique au cours d’une ascension, sans pour autant en garder de séquelles.
Il collabore au Matino, principal journal napolitain et à d’autres périodiques La republica, Il manifesto.
En 2015, il est poursuivi en justice pour avoir incité au sabotage du chantier de construction de la ligne TGV Lyon-Turin. Il soutenait en effet, depuis des années, la lutte des habitants du Val de Suze contre ce projet qu’il considérait comme « une entreprise nuisible et inutile ». Condamné puis relaxé, Erri de Luca a publié entretemps La Parole contraire, un court essai où il développe sa réflexion sur cette bataille autour du poids d’un mot, « sabotage ». La même année, il publie Le Plus et le Moins.
(source : Babelio)

Colette nous donnera son avis lorsqu’elle aura terminé sa lecture…

 

Le choix de Michelle

9782742755738

Seule Venise / Claudie Gallay

Présentation de l’éditeur :

A quarante ans, quittée par son compagnon, elle vide son compte en banque et part à Venise, pour ne pas sombrer. C’est l’hiver, les touristes ont déserté la ville et seuls les locataires de la pension où elle loge l’arrachent à sa solitude. Il y a là un aristocrate russe en fauteuil roulant, une jeune danseuse et son amant. Il y a aussi, dans la ville, un libraire amoureux des mots et de sa cité qui, peu à peu, fera renaître en elle l’attente du désir et de l’autre.
Dans une langue ajustée aux émotions et à la détresse de son personnage, Claudie Gallay dépeint la transformation intérieure d’une femme à la recherche d’un nouveau souffle de vie. Et médite, dans le décor d’une Venise troublante et révélatrice, sur l’enjeu de la création et sur la force du sentiment amoureux.

La ville de Venise donne toute son ambiance magique à ce roman, qui réussit à mêler interrogations sur l’Histoire et la création artistique et réflexions sur le sens de la vie et de l’amour.

L’auteur :

AVT_Claudie-Gallay_6030

Née en 1961, Claudie Gallay vit dans le Vaucluse. Elle a publié aux éditions du Rouergue L’Office des vivants (2000), Mon amour, ma vie (2002), Les Années cerises (2004), Seule Venise (2004, prix Folies d’encre et prix du Salon d’Ambronay), Dans l’or du temps (2006) et Les Déferlantes (2008, Grand Prix des lectrices de Elle). Aux éditions Actes Sud : L’amour est une île (2010) et Une part de ciel (2013). (source : Actes Sud)

L’avis de Michelle : 9/10

 

Le choix d’Alberte

9782702435090-T

Plaintes / Ian Rankin

Présentation de l’éditeur :

Le service des plaintes (The complaints) : les flics qui enquêtent sur d’autres flics. Malcom Fox est inspecteur dans ce service et on ne l’aime pas beaucoup. Il est solitaire, ne boit pas (ou plus), a une vie plutôt tranquille, sans éclat. Il vient juste de boucler une enquête et de mettre sur la touche un flic ripoux. Il devrait être content du résultat. Mais il a d’autres problèmes sur le dos. On vient de lui assigner une nouvelle mission : faire surveiller un inspecteur, Jamie Breck, soupçonné d’échanger des photos pédophiles sur Internet. Fox se met au travail et découvre qu’il y a beaucoup plus dans l’affaire Breck qu’on ne le croit, d’autant plus qu’un meurtre crapuleux est commis bien trop près de chez lui …

L’auteur :

Ian_rankin@maryann_harrington

Ian Rankin (né en 1950) est un auteur écossais de romans policiers, de nouvelles, de romans d’espionnage, de critiques littéraires.
En 1978, il est allé à l’Université d’Édimbourg, où il a étudié la langue et la littérature anglaise. Il a obtenu en 1982 son Master of Arts, spécialité littérature américaine. Entre 1982 et 1986, il travaille à sa thèse de doctorat sur la fiction moderne écossaise, plus particulièrement sur Muriel Spark, tout en s’investissant de plus en plus dans sa propre écriture.
Après l’université, et avant son succès comme romancier, Rankin a exercé un certain nombre de métiers pittoresques, comme vendangeur, porcher, percepteur, chercheur en alcoologie, journaliste hi-fi, secrétaire de collège et musicien punk. Il a donné aussi pendant quelque temps des cours de littérature à l’Université d’Édimbourg, où il a participé au James Tait Black Memorial Prize.
(source : Babelio)

L’avis d’Alberte : 8/10

 

Le choix de Noële

9782890775312_large

Enterrez vos morts / Louise Penny

Présentation de l’éditeur :

Tandis que le Vieux-Québec scintille sous la neige et s’égaye des flonflons du carnaval, Armand Gamache tente de se remettre du traumatisme d’une opération policière qui a mal tourné. Mais, pour l’inspecteur-chef de la SQ, impossible d’échapper longtemps à un nouveau crime, surtout lorsqu’il survient dans la vénérable Literary and Historical Society, une institution de la minorité anglophone de Québec. La victime est un archéologue amateur connu pour sa quête obsessive de la sépulture de Champlain. Existerait-il donc, enfoui depuis quatre cents ans, un secret assez terrible pour engendrer un meurtre ? Confronté aux blessures de l’histoire, hanté par ses dernières enquêtes, Gamache doit replonger dans le passé pour pouvoir enfin enterrer ses morts.

L’auteur :

AVT_Louise-Penny_7546

Louise Penny (née en 1958) est une femme de lettres canadienne surtout connue pour ses romans policiers.

Elle a fait des études à l’Université Ryerson où elle obtint un diplôme en 1979 avant de faire une carrière de 18 ans comme animatrice radio pour la CBC.

À 35 ans, elle reconnaît publiquement avoir un problème d’alcoolodépendance qu’elle parvient à résoudre. Elle rencontre peu après Michael Whitehead, chef du service d’hématologie à l’Hôpital de Montréal pour enfants, qu’elle épouse.

Elle démissionne ensuite de son poste à la CBC et se lance dans l’écriture d’une série policière ayant pour héros Armand Gamache, un inspecteur-chef responsable des homicides à la Sûreté du Québec, dont plusieurs des enquêtes se déroulent dans les Cantons-de-l’Est.

« Still Life » (2005), le premier titre de la série, traduit sous deux titres français « En plein cœur » (Flammarion Québec, 2010), et « Nature morte » (Actes Sud, 2012), a remporté un nombre remarquable de prix prestigieux, du Creasy Dagger en Grande-Bretagne à l’Arthur-Ellis Award au Canada en passant par les Anthony et Barry Awards aux États-Unis, tous destinés à récompenser un premier roman.

Les ouvrages suivants ont plus que confirmé ce succès. La série, traduite en plusieurs langues, rafle de nombreux prix et obtient un succès critique et public. Les livres de cette série lui ont valu quatre fois de suite (2007–2010) le prix Agatha pour le roman policier de l’année qui se conforme au style d’Agatha Christie.

Louise Penny est nommée membre de l’Ordre du Canada en 2013, et officière de l’Ordre national du Québec en 2017. Son mari est décédé en 2016. (Source Babelio)

site officiel : http://www.louisepenny.com/

L’avis de Noële : 9/10

 

Le choix de Nicole

Charleston-SudPat-CONROYFrance-loisirs-C009

Charleston Sud / Pat Conroy

Présentation de l’éditeur :

Véritable hymne à la magnifique ville sudiste de Charleston, dont l’auteur est originaire, Charleston Sud est aussi, à travers une multitude de personnages pittoresques, l’histoire d’une génération sur plus de vingt ans, de 1969 à 1990 très exactement.
Le narrateur – Leo King dit “ Toad ” (le Crapaud) – se souvient de cette année décisive de ses 18 ans où tout son destin se joue avec des rencontres qui l’ont marqué à vie : les orphelins Starla et Niles, fugueurs récidivistes, Sheba et Trevor Poe, jumeaux, promis à un futur grandiose mais tragique, Molly et Chad, un jeune couple de la haute société locale, Ike Jefferson, fils de l’entraîneur noir du lycée. La mère de Leo, fervente catholique et admiratrice de James Joyce, est proviseur de ce lycée et son père y enseigne les sciences. La famille vit encore traumatisée par le suicide quelques années plus tôt de Steve, le frère aîné de Leo.
Ce “ casting ” sudiste étonnant, avec ses excès comme ses aberrations, nous entraîne de rebondissement en rebondissement jusqu’à Hollywood et San Francisco, tout en réservant à Charleston le dramatique dénouement, le jour où l’ouragan Hugo frappa la ville.
Charleston Sud appartient à cette lignée de grands romans de formation que l’on ne raconte pas tant ils sont riches en action, mais qui se dévorent page après page.

L’auteur :

31qjbEN6mhL._UX250_

Pat Conroy (1945-2016)
Fils d’un colonel de l’armée américaine (US Army), pilote de chasse, il a passé son enfance à déménager. Poussé un peu par son père, il s’engage dans l’académie militaire de la Citadelle à Charleston, en Caroline du Sud. Bien que brillant élève, il renonce à la vie militaire. Mais cette école sera à l’origine de sa carrière d’écrivain. Son premier livre, intitulé The Boo et paru en 1970, est un hommage au lieutenant-colonel Thomas Nugent Courvoise, qui servit de mentor à de nombreux étudiants de ce collège.
Après son diplôme, Pat Conroy retournera dans son ancien lycée de Beaufort pour y enseigner l’anglais et la psychologie.

En 1969, il est nommé enseignant en primaire sur l’île retirée de Daufuskie en Caroline du Sud. Révolté par la négligence avec laquelle les enfants noirs défavorisés étaient abandonnés par le système scolaire, il lutte contre le racisme et publie The Water is Wide (À quelques milles du reste du monde) en 1972, ce qui lui vaut un prix de l’Association nationale d’éducation; le film tiré du livre, intitulé Conrack (1974), met en vedette Jon Voight. Remercié à la fin de l’année en raison de ses méthodes non conventionnelles, Pat Conroy se consacre uniquement à l’écriture.

C’est Le grand Santini (1976) qui le fait vraiment connaître du public. Pour ce roman, l’auteur s’est directement inspiré de son enfance. Le roman a été adapté au cinéma en 1979 avec Robert Duvall. The Lords of Discipline (1980) dépeint la vie militaire étroite, teintée de racisme et de sexisme. Il a également été adapté à l’écran en 1983.

Il rencontre un succès international avec Le Prince des Marées (The Prince of Tides, 1986) considéré comme son chef-d’œuvre. Le livre a été adapté à l’écran en 1991. Il publie ensuite Beach music (1995), Saison noire (My Losing Season, 2002), Charleston Sud (South of Broad, 2009). La Mort de Santini (The Death of Santini), sous-titrée L’histoire d’un père et de son fils paraît en 2013.

En 2014, il prend la casquette d’éditeur et lance la série Story River Books chez University of South Carolina Press. Diagnostiqué deux mois plus tôt d’un cancer du pancréas, Pat Conroy s’est éteint le 4 mars 2016. (Source : Babelio)

L’avis de Nicole : 9/10

 

Le choix de Laura

10000008941361-0-700x700

L’amant sans domicile fixe / Fruttero & Lucentini

Présentation de l’éditeur :

Le premier personnage, ici, c’est Venise – une Venise d’hiver, plus souvent brumeuse qu’ensoleillée, la Venise labyrinthique des rues éloignées, quasi désertes. Le deuxième personnage – elle – est une princesse romaine résidant dans un hôtel de luxe, fréquentant les milieux snobs et cosmopolites, et venue là pour une salle des ventes, à la recherche d’œuvres d’art. Le troisième personnage – lui – est le guide d’un groupe de touristes minables traîné à l’économie de monument en monument. Guide dont l’érudition et la distinction contrastent étrangement avec une valise râpée et un imperméable constellé de taches. Ce qui résultera de leur imprévisible rencontre, et pourquoi celle-ci prendra sans cesse des allures d’énigme, c’est l’objet de ce roman. Où l’ironie et le sens du détail vrai, qui sont propres à Fruttero et Lucentini, se doublent de tendresse, de nostalgie – de profondeur.

Extraits :

“Nous sortîmes ils sortent nous sortons nous sommes sortis dans le plus absolu novembre. Les temps de ces dernières heures s’enchevêtrent, les sujets se confondent, se dissipent impersonnellement dans les grisailles de l’automne, se rejoignent et se séparent à nouveau, pour parcourir chacun, isolément, la syntaxe décolorée de la cité.

De la grande pluie de la matinée demeuraient partout d’humides stagnations, et les canaux même avaient un air enflé, neuf, comme si eux aussi avaient ruisselé des gouttières. Il y avait très peu de gens alentour.

Je ne sais pas, il ne savait pas, nous ne savions pas où aller, aucun projet n’était plus possible, aucune minute ne valait plus rien, il y avait même une aversion à les économiser, je voyais revenir ma vieille répugnance à profiter des pauses, des interstices, comme si au temps, odieux chauffeur de taxi, on avait dit avec hauteur : Gardez donc le reste, je ne sais que faire de la monnaie.

(…) aller au cinéma, consumer à l’ombre d’une histoire quelconque la fin de la nôtre …

(…) et là-bas, sur l’écran, look, look, voilà que se succèdent des vaporetti et des calli, des îles et des campielli et des corps nus et enlacés, trois jours à Venise, passion sur la lagune, un amour impossible : notre film.” (pp. 252-253)

Les auteurs :

3701170-kGqG-U11109966556pp-1024x576@LaStampa.it

Durant quarante-cinq ans, l’équipe que forment Carlo Fruttero (1926) et Franco Lucentini (1920-2002), fort célèbre sous l’abréviation de « F & L », va déployer ses talents dans le domaine du journalisme, de la traduction, de l’édition, de la littérature et du roman policier.

Leur premier livre commun est un recueil de poèmes, L’idraulico non verrà, en 1971, mais c’est l’année suivante que Fruttero et Lucentini connaissent la gloire grâce à un roman policier, La Donna della domenica (La Femme du dimanche), à qui ils donneront une suite en 1979 avec A che punto è la notte.

Pour chacun des livres écrits à quatre mains, romans ou essais, ils se répartissent les rôles : l’un rédige un premier jet, l’autre relit et s’occupe de la remise en forme du texte.

À partir de 1972, ils écrivent aussi pour La Stampa, le grand quotidien de Turin, où leur chronique intitulée L’Agenda di F & L offre un commentaire malicieux sur les événements de l’actualité et fournira la substance de leur célèbre « trilogie du crétin » : La Prédominance du crétin, La Sauvegarde du sourire et Le Retour du crétin.

Les deux coéquipiers publient également de nombreux articles dans L’Espresso et dans Epoca, ce qui ne les empêche pas d’œuvrer en tant que traducteurs (par exemple, ils traduisent en italien le Dr Jekyll et Mr Hyde de R. L. Stevenson), d’adapter le roman La Pierre de lune de Wilkie Collins en 1972 pour la télévision, d’imaginer une fin au Mystère d’Edwin Drood de Dickens (sous le titre de L’Affaire D ou le Crime du faux vagabond), de publier des anthologies, de diriger des collections chez des éditeurs comme Einaudi et Mondadori, ou encore de présider aux destinées du magazine Il Mago et de la revue Urania, qu’ils ont dirigée de 1961 à 1986.

Leur premier succès de librairie, La Femme du dimanche, fut adapté au cinéma en 1975 par Luigi Comencini, avec Marcello Mastroianni dans le rôle du commissaire Santamaria. En 1994, Nanni Loy adapta leur roman A che punto è la notte (La Nuit du Grand Boss) pour la télévision. (Source : Wikipédia)

L’avis de Laura : 10+

Entre l’arrivée d’un avion et le départ d’un bateau, L’amant sans domicile fixe mélange amour et mystère, tendresse et ironie pour une aventure vénitienne de trois jours. C’est une Venise brumeuse, avec ses ruelles éloignées et peu fréquentées qui est représentée avec le sens du détail vrai mais non sans nostalgie ni ironie…

https://ocyaran.wordpress.com/2011/11/19/lamant-sans-domicile-fixe-fruttero-lucentini/

 

Capture d’écran 2019-03-02 à 17.22.0251icqow-lll._sx312_bo1204203200_

Le dernier magicien / Megan Lindholm

Présentation de l’éditeur :

A Seattle, les autres vagabonds l’appellent le Magicien. Lui, il voudrait juste qu’on le laisse tranquille. Quand il est revenu du Vietnam, il a cru qu’il avait laissé derrière lui ses vieux démons. Il ne voulait plus jamais sentir le souffle empoisonné de la guerre. Mais quelque chose de maléfique s’insinue dans les rues de la cité, une magie noire qui menace la ville toute entière. Seul le Magicien possède un pouvoir suffisant pour l’arrêter. Alors bientôt, il devra choisir : rester et se battre, au risque de tout perdre, ou s’enfuir. Être un Magicien ou simplement un homme.

L’avis de Laura : 10+

Voilà, j’ai adoré Le dernier magicien même si je ne comprends pas pourquoi, à la traduction, on a changé le titre. Le magicien des pigeons  convenait tout à fait selon moi.

Ce livre est un petit bijou de beauté, de bonté et d’amour envers tout ce qui vit et un vibrant déni à notre société de consommation. Je ne peux rien ajouter d’autre sans (trop) raconter. Il faut découvrir l’histoire soi-même!

Vous ai-je dit que, dans ce livre, chacun peut voir sa vérité ? Ceci est un hommage de plus à l’auteur…

https://ocyaran.wordpress.com/2011/11/24/le-dernier-magicien-meghan-lindholm/

L’auteur :

AVT_Robin-Hobb_2607
Robin Hobb, née à Berkeley, Californie , le 05/03/1952 ou Megan Lindholm, de son vrai nom Margaret Astrid Lindholm Ogden, est une écrivaine américaine de Fantasy.

Née en Californie, elle quitte cet État pour partir vivre à Fairbanks, en Alaska, à l’âge de dix ans. Elle a étudié au lycée Austin E. Lathrop puis à l’Université de Denver.

Elle commence à écrire sous le pseudonyme de Megan Lindholm pour des revues en 1971. Entre 1983, année de publication de ses premiers textes, et le milieu des années 90, elle a donné le jour à une vingtaine de romans notamment les cycles Le Peuple des rennes (The Reindeer People, 1988) et Ki et Vandien (The Ki and Vandien Quartet, 1983-1989).
Fantasy initiatique, fantasy médiévale, fantasy urbaine ou bien préhistorique, et même science-fiction, elle explore le vaste champ de l’imaginaire, dans des romans et des nouvelles dont les ventes restent modestes.

Au milieu des années 90, elle publie les premiers tomes d’un nouveau cycle, The Farseer Trilogy, cette fois-ci sous le nom de plume de Robin Hobb, à la demande de son éditeur qui souhaitait marquer une rupture entre les deux facettes de son œuvre.

Les trois volumes de cette saga, sortis respectivement en 1995 (Assassin’s apprentice), 1996 (Royal assassin) et 1997 (Assassin’s quest), propulsent Robin Hobb au sommet des ventes (en français : L’assassin royal, devenue une longue série de 13 livres après découpage par l’éditeur). En l’espace de quelques mois, elle sort de l’anonymat pour devenir l’un des auteurs les plus en vue de la fantasy américaine.

Elle a depuis publié d’autres cycles prenant place dans le même univers que The Farseer Trilogy qui ont rencontré le même succès : Les Aventuriers de la mer (The Liveship Traders Trilogy, 1998-2000), Le Soldat chamane (The Soldier Son Trilogy, 2005-2007), Les Cités des anciens (The Rain Wild Chronicles, 2009-2013).

Elle figure désormais régulièrement sur les listes des best-sellers en France, aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne. Elle vit à Tacoma, Washington. (Source : Wikipedia)

site de Megan Lindholm : http://www.meganlindholm.com/
site de Robin Hobb : http://www.robinhobb.com/

 

Janvier 2019 : La littérature italienne 2

Nicole

La-solitude-des-nombres-premiers

La solitude des nombres premiers / Paolo Giordano

Présentation de l’éditeur :

Elle aime la photo, il est passionné par les mathématiques. Elle se sent exclue du monde, il refuse d’en faire partie. Chacun se reconnaît dans la solitude de l’autre. Ils se croisent, se rapprochent puis s’éloignent, avant de se frôler à nouveau. Leurs camarades de lycée sont les premiers à voir ce qu’Alice et Mattia ne comprendront que bien des années plus tard : le lien qui les unit est indestructible.

Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes ; soupçonneux et solitaires, certains possèdent cependant un jumeau dont ils ne sont séparés que par un nombre pair.

L’avis de Nicole : 4/10

 

L-errante

L’errante / Valéria Montaldi

Présentation de l’éditeur :

1494. Dans la petite maison nichée dans les bois de Machod, la belle Britta da Johannes vit seule, recluse. Bien que beaucoup dans le village bénéficient de ses remèdes à base de plantes, la jeune femme suscite la peur. Médisances et calomnies s’accumulent à son encontre et parviennent jusqu’aux oreilles de l’Inquisiteur, dont le verdict est sans appel : Britta est une sorcière…

2014. Par un froid matin de novembre, Barbara Pallavicini, spécialiste des études médiévales, atteint les ruines du château Saint-Jacques-aux-Bois. Elle vient chercher l’élément qui doit lui permettre de terminer sa thèse : l’inscription laissée par une femme reconnue coupable de sorcellerie. Mais dans la faible lumière du crépuscule, c’est un cadavre qu’elle trouve. Terrifiée, elle appelle la police.

Commence alors une nouvelle enquête pour Giovanni Randisi, adjudant des carabiniers d’Aoste. Et si le destin de cette passionnée d’occulte et celui de Britta étaient liés ?

L’avis de Nicole : 8/10

 

Mady & Colette

Les-Huit-montagnes

Les huit montagnes / Paolo Cognetti

Présentation de l’éditeur :

«Quel que soit notre destin, il habite les montagnes au-dessus de nos têtes.»

Pietro est un garçon de la ville, Bruno un enfant des montagnes. Ils ont 11 ans et tout les sépare. Dès leur rencontre à Grana, au cœur du val d’Aoste, Bruno initie Pietro aux secrets de la montagne. Ensemble, ils parcourent alpages, forêts et glaciers, puisant dans cette nature sauvage les prémices de leur amitié.
Vingt ans plus tard, c’est dans ces mêmes montagnes et auprès de ce même ami que Pietro tentera de se réconcilier avec son passé — et son avenir.
Dans une langue pure et poétique, Paolo Cognetti mêle l’intime à l’universel et signe un grand roman d’apprentissage et de filiation.

L’avis de Mady : 9/10

Un roman réussi, on ne peut qu’aimer cette histoire en partie autobiographique. L’auteur nous procure quelque chose d’essentiel à partager avec les personnages qui semblent tellement vrais dans les liens qui les relient. La montagne est magnifiquement décrite, on la perçoit sous toutes les facettes suivant les personnages qui y gravitent en vivant là ou en revenant irrésistiblement vers elle.

L’avis de Colette : 9/10

 

Colette

Capture d’écran 2019-02-14 à 14.47.40

Soie / Alessandro Baricco

Présentation de l’éditeur :

1861. Le sud de la France. Hervé Joncour achète et vend des oeufs de vers à soie qu’il va chercher pour le compte de Baldabiou, en Syrie et en Égypte d’abord, puis plus tard au Japon, à l’autre bout du monde. « Un jour Baldabiou avait tenu dans sa main un voile tissé avec un fil de soie japonais. C’était comme ne rien tenir entre ses doigts. » Un incroyable voyage ! Vienne, Budapest, Kiev, les monts d’Oural, le lac Baïkal, le fleuve Amour, et Capo Teraya, sur la côte ouest du Japon. Au bout du monde, Hervé Joncour rencontre une jeune fille, un regard « avec une intensité déconcertante ». Ce voyage vers le Japon, vers ce regard, Hervé le fera inlassablement, années après années. Répétition des gestes, des images, chaque fois est un éternel recommencement ; les mots reviennent, inaltérables. Un texte sensuel, aérien, comme une étoffe de soie.

L’avis de Colette : 9/10

 

Assunta

Les-yeux-du-pere

Les yeux du père / Sergio Ferrero

Présentation de l’éditeur :

Un vieux palazzo du centre de Turin dans les années trente. Au rez-de-chaussée, Ia concierge, bavarde, bourrue, mais bonne et indulgente , à I entresol, l’atelier et l’appartement de l’homme aux yeux d’or, restaurateur de meubles anciens, père affectueux d’un garçon de douze ans, époux d’une femme revêche et froide , enfin, un étage plus haut, une étrangère baptisée « la Russe ». C’est dans ce petit monde malmené par l’Histoire que va se nouer l’intrigue racontée par l’enfant, l’observateur innocent. Son récit semble très clair et très énigmatique à la fois, car dans les blancs dont il est ponctué s’insinue tout le mystère, grande habileté de ce conteur infatigable qu’est Sergio Ferrero.

L’avis d’Assunta : 10/10

 

CVT_Dacier_9059

D’acier / Sylvia Avallone

Présentation de l’éditeur :

Anna et Francesca ont treize ans, presque quatorze. C’est l’été à Piombino, ville désolée de Toscane bien loin de l’image de carte postale que l’on peut s’en faire quand on n’est pas d’ici. Chez elles, pas de vignes et Florence et son art sont bien loin. Leur quotidien : des barres d’immeubles insalubres et surtout l’aciérie, personnage monstrueux qui engloutit jour et nuit tous les hommes du coin.

Les hommes, ils ne sont pas à l’honneur dans le roman de Silvia Avallone. Le père d’Anna est un fantôme, un voyou du dimanche qui réapparait quand ça lui chante. Celui de Francesca nous est présenté dès les premières lignes, puissantes, comme un homme qui épie sa fille aux jumelles pendant qu’elle joue sur la plage, obsédé par ce corps qui se transforme, irrémédiablement, malgré les coups qu’il lui porte, ce géant sans cervelle.

Mais Anna et Francesca, les reines de la cité, éclaboussent toute cette laideur de leur jeunesse insolente. Treize ans et demi mais déjà starlettes, elles jouent de cette aura qu’elles savent par instinct éphémère, avant que la réalité des autres ne les rattrapent. En attendant, elles rêvent. D’être écrivain ou femme politique pour l’une, de passer à la télé de Berlusconi pour l’autre, ou simplement d’aller ensemble, pour la première fois à l’île d’Elbe, inaccessible et pourtant à quelques brasses de leur cité plombée.

Autour d’elles, il y a aussi le grand-frère d’Anna, Alessio, Apollon échoué au royaume d’Hadès, amoureux abandonné, déjà usé à vingt ans par des années passées au haut fourneau, à faire couler l’acier et à se défoncer pendant les pauses. Sandra, leur mère, la militante d’extrême gauche, qui assure et qui se maudit d’aimer malgré tout son vaurien de mari. Rosa, enfin, la mère de Francesca, la petite calabraise arrachée à son village par Enrico, cet homme fruste qui les enferme dans sa folie et qu’elle ne quitte pas. Pour aller où ? C’est trop tard semblent-ils tous penser. Les parents, les vieux, les grands-frères, résignés, lassés, tous. Pas Anna et Francesca, pas si elles sont deux, toujours.

L’avis d’Assunta : 10/10

 

9782742796434

Pain et tempête / Stefano Benni

Présentation de l’éditeur :

Face à l’avidité des promoteurs immobiliers et à la passivité d’un maire réformateur qui veut “changer le changement”, Grand-Père Sorcier et son vieux complice Archives partent en guerre au cri de “Pain et tempête !”.
Réunis dans le Bar Sport, le lieu de retrouvailles emblématique de Montelfo, les habitants, sous la conduite de ces deux “héros”, se livrent à un festival de récits où triomphent l’humour et l’imagination, qui constituent le trésor de leur mémoire collective – leur meilleure arme : l’affirmation de leur liberté. Stefano Benni nous entraîne ainsi dans une joyeuse sarabande où nous faisons la connaissance de personnages inoubliables : Trincon Teigneux, les soeurs Aspirines, Maria Sandokan, Simona Beauregard, Hérisson Mainsdor, Bouffi Misère, Alice et Django, Sophronie et Raspoutine, Gégé le berger, sans oublier Fen le Phénomène, “le chien le plus intelligent du monde”, ou le Bienheureux Incliné, “béatifié” après un match de ping-pong épique contre le diable…
Ludique, drôle, à la fois satirique et tendre, frôlant parfois le fantastique, Pain et tempête joue avec les possibles, mêlant sagesse et folie pour le plus grand plaisir du lecteur.

L’avis d’Assunta : 6/10

 

518Vkh5sxhL._SX307_BO1,204,203,200_

Quand le requin dort / Milena Agus

Présentation de l’éditeur :

Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort… Dans ce livre, le plus poignant de Milena Agus, on retrouve sa voix inimitable, capable de toutes les audaces.

L’avis d’Assunta : 8/10

 

Michelle

61V67jqwP4L

L’art de la joie / Goliarda Sapienza 

Présentation de l’éditeur :

Il était une fois une enfant, Modesta, née le 1er janvier 1900, dans un monde frustre et rapidement englouti… Non, L’Art de la joie résiste à toute présentation. Roman d’apprentissage, il foisonne d’une multitude de vies. Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l’horizon des mers et des grandes villes européennes…
« Pourquoi faut-il lire ce livre ? Parce qu’il est un hymne à la joie. A la joie la plus simple qui soit, celle qui émane de la conscience et de l’acceptation sereine de sa propre existence et de celle des autres, personnes et choses, sans lesquelles le bonheur serait absolument impossible. Le XXe siècle, époque de tragédies horribles et d’esprits brillantissimes, se révèle sous un angle différent et les événements qui le caractérisent – guerres et révolutions, sciences et techniques, art et philosophie – portent les stigmates d’une seule femme, Modesta, qui assume les espoirs et la volonté de toutes les autres. » Luca Orsenigo, Corriere della sera.

L’avis de Michelle : 8/10

 

Le-jour-avant-le-bonheur

Le jour avant le bonheur / Erri De Luca

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes à Naples, dans l’immédiat après-guerre.
Un jeune orphelin, qui deviendra plus tard le narrateur de ce livre, vit sous la protection du concierge, don Gaetano. Ce dernier est un homme généreux et très attaché au bien-être du petit garçon, puis de l’adolescent. Il passe du temps avec lui, pour parler des années de guerre et de la libération de la ville par les Napolitains ou pour lui apprendre à jouer aux cartes. Il lui montre comment se rendre utile en effectuant de menus travaux et, d’une certaine façon, il l’initie à la sexualité en l’envoyant un soir chez une veuve habitant dans leur immeuble.
Mais don Gaetano possède un autre don: il lit dans les pensées des gens, et il sait par conséquent que son jeune protégé reste hanté par l’image d’une jeune fille entraperçue un jour derrière une vitre, par hasard, lors d’une partie de football dans la cour de l’immeuble. Quand la jeune fille revient des années plus tard, le narrateur aura plus que jamais besoin de l’aide de don Gaetano… Dans la veine de Montedidio, ce nouveau livre du romancier italien s’impose comme un très grand roman de formation et d’initiation.

L’avis de Michelle : 8/10

 

Capture d’écran 2019-02-14 à 15.52.01

Tu, mio / Erri De Luca

Présentation de l’éditeur :

«Je comprenais mal pourquoi la virilité devait ignorer la douleur. Je la voyais appliquée aux hommes, j’essayais de la reproduire quand mon tour venait.
Lorsque j’arrivai sur la plage, mon effort pour me taire m’avait donné de la fièvre et Daniele montra à tout le monde la gloire de ma blessure. La curiosité d’une jeune fille jamais vue jusque-là, le contact de ses mains avec la mienne pleine de trous, chassèrent ma douleur de là aussi. Elle s’appelait Caia.»

Années cinquante, sur une île de pêcheurs. Un garçon de seize ans passe l’été dans la famille de son oncle. Il y côtoie un groupe de jeunes gens, dont Daniele, son cousin, et Caia, une mystérieuse jeune femme d’origine juive. Cette rencontre décisive va amorcer en lui une prise de conscience de la complexité de la condition humaine.

L’avis de Michelle : 6/10

 

9782264070081ORI

Le garçon sauvage / Paolo Cognetti

Présentation de l’éditeur :

L’auteur renoue avec la montagne, avec lui-même… et nous remet en mémoire les plus beaux textes littéraires sur la nature.

Le Garçon sauvage commence sur un hiver particulier : Paolo Cognetti, 30 ans, étouffe dans sa vie milanaise et ne parvient plus à écrire. Pour retrouver de l’air, il part vivre un été dans le Val d’Aoste. Là, il parcourt les sommets, suspendu entre l’enfance et l’âge adulte, renouant avec la liberté et l’inspiration. Il plonge au cœur de la vie sauvage qui peuple encore la montagne, découvre l’isolement des sommets, avant d’entamer sa désalpe, réconcilié avec l’existence. Néanmoins, ce séjour initiatique ne parvient pas à l’affranchir totalement du genre humain : « je pourrais me libérer de tout, sauf de la solitude. »

« Un texte profond, à l’écriture humble et ciselée, qui tient autant du chant d’amour pour la nature que du récit d’apprentissage. » Ariane Singer, Le Monde des Livres

L’avis de Michelle : 8/10

 

9782221197240ORI

Les saisons de Giacomo / Mario Rigoni Stern

Présentation de l’éditeur :

Un homme se penche sur le passé du pays de son enfance. Nous sommes dans le Haut-Adige, après la Deuxième Guerre mondiale, sur cette montagne vénitienne dévastée par d’âpres combats. Au fil d’une série de flash-back, le narrateur – qui n’est autre que l’auteur – se souvient des années de misère qui avaient déjà suivi la Grande Guerre. De son ami Giacomo, qui exhumait le cuivre des obus et des bombes de 14-18, de l’exil des pères vers la Lorraine ou l’Amérique, de la montée du fascisme… Ecologiste avant la lettre, Rigoni Stern chante ici la terre de son pays avec une économie de moyens qui force l’admiration, lyrique et moderne à la fois. La célébration des valeurs éternelles d’une terre de fraternité prend ainsi un caractère universel.

« Les livres de Rigoni Stern sont comme des contes chuchotés à voix basse, dans lesquels, chemin faisant, il confie au lecteur tout ce qu’il a vécu de la beauté comme de l’horreur du monde. » François Maspero.

L’avis de Michelle : 9/10

 

Monique

Marcello Fois

AVT_Marcello-Fois_6665

Nationalité : Italie
Né(e) à : Nuoro , 1960
Biographie :
Grand nom du polar italien, Marcello Fois contribue à renouveler les codes du roman noir au sein du Groupe 13, qu’il fonde aux côtés de Carlo Lucarelli. Bien qu’installé à Bologne, c’est sa Sardaigne natale qui devient le cadre, le personnage et le moteur de son écriture. D’ailleurs, s’il maîtrise un italien classique irréprochable, l’auteur n’hésite pas à intégrer des éléments de la langue sarde dans ses récits. Fois travaille sur deux séries principales : l’une se déroule au tournant des XIXe et XXe siècles, avec des romans comme ‘Sempre caro’ ou ‘Mémoire du vide’, l’autre à l’époque contemporaine, avec ‘Un silence de fer’ ou ‘Ce que nous savons depuis toujours’. L’écrivain met ainsi en lumière les grands bouleversements de la société italienne avec le souci permanent d’en comprendre les racines. Humour noir, langage populaire mais aussi grands thèmes quasi mythologiques, l’oeuvre de Marcello Fois s’impose comme une référence de la littérature italienne.

9782020382250_1_75

Un silence de fer / Marcello Fois

Présentation de l’éditeur :

Août 1990, sur la route de Nuoro en Sardaigne, un jeune couple est sauvagement assassiné, les deux corps sont “joliment allongés” à côté de leur voiture immatriculée à Bologne. Le même jour, dans la pinède de Nuoro, un gitan est retrouvé carbonisé dans une poubelle. Une enquête difficile commence pour le juge Corona. Ce qu’il ignore, c’est que les deux meurtres, de même que l’enlèvement d’un jeune Toscan dans sa villa de la Costa Smeralda, sont obscurément liés à un attentat manqué dix ans auparavant : l’indépendantisme qui animait alors les esprits est encore au goût du jour, et les protagonistes de l’époque ont repris la lutte; une série d’épisodes s’entremêlent, de vieilles passions ressurgissent et influent sur les événements actuels. C’est au juge Salvatore Corona que revient la tâche de résoudre ce véritable embrouillamini, cet étrange et dangereux mystère refoulé dans les profondeurs archaïques de la terre sarde qui provoquera encore d’autres morts, tout aussi obscures. Ainsi Marcello Fois, mêlant l’horreur, la tension du “noir” et les déceptions ou les erreurs d’une génération qui finit par se trahir elle-même, nous fait admirablement comprendre la spécificité du terrorisme sarde : parent proche de la lutte politique italienne, des Brigades rouges etc., celui-ci est en effet profondément marqué par le banditisme, féroce et sanglant. A cette barbarie, la Sardaigne répond en développant un fatalisme collectif qui transforme ce roman en véritable tragédie. A travers de brèves descriptions des paysages mais surtout des mentalités sardes, l’auteur nous plonge dans un monde où la modernité venue du continent se heurte sans cesse aux traditions ancestrales, à un archaïsme qui refuse de mourir. Les rapports de deux meurtres, celui d’un jeune couple et celui d’un gitan, arrivent sur le bureau du juge d’instruction n’apportant que des détails insignifiants. Certes, comment pourrait-on deviner les étranges échos qui relient ces meurtres à une histoire de terrorisme vieille de dix ans ? Pour le comprendre, il faut pénétrer le profond mystère qui enveloppe la Sardaigne, terre de violence…

L’avis de Monique : 8/10

 

9782020413886_1_75

Sang du ciel / Marcello Fois

Présentation de l’éditeur : 

Suite de Sempre Caro, on retrouve dans ce roman l’avocat Bustianu qui tente de déjouer une machination sordid. Nous sommes en novembre 1899, et le jeune Filippo Tanquis, hanté par une douleur honteuse, est accusé d’un meurtre qu’il semble incapable d’avoir commis. Il se suicide dans sa cellule, trois jours avant l’audience où il aurait pu s’expliquer… Comment Filippo, du haut de son mètre cinquante, a-t-il pu étrangler l’indicateur Solinas, qui était une véritable force de la nature? Et comment a-t-il pu s’ouvrir les veines sans même tâcher ses chaussures ou sa chemise? N’y aurait-il pas un coup monté derrière toute cette affaire ? La connaissance qu’a Bustianu de l’île, de ses habitants, de ses moeurs et des codes qui régissent la vie dans le village de Nuoro, va l’aider à faire éclater la vérité.

L’avis de Monique : 8/10

 

Noële

Capture d’écran 2019-02-14 à 16.25.30

Les enfants de Venise / Luca Di Fulvio

Présentation de l’éditeur :

« Quand Mercurio s’était jeté dans le canal, Giuditta avait eu la tentation de le retenir. Ou de s’y jeter avec lui. Elle ne voulait pas renoncer à la sensation de sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas renoncer à lui. Déjà, les nuits précédentes, dans le chariot, elle avait senti une forte attraction pour les yeux de cet étrange garçon. Qui était-il ? Il n’était pas prêtre, il le lui avait avoué. Quels mots avait-il dits en sautant du bateau ? Elle se souvenait à peine. Sa tête se faisait légère. “Je te retrouverai”, voilà ce qu’il avait dit. »

La misère radieuse d’une bande d’enfants perdus, la fille secrète d’un médecin sans diplômes, la découverte de l’amour, l’or, le sang, la boue, l’honneur… pour son nouveau roman, Luca Di Fulvio vous emporte à Venise.

L’avis de Noële : 9/10

 

Gerda

9782081224049

Femmes de rêve, bananes et framboises / Simonetta Greggio

Présentation de l’éditeur :

« Je vais vous dire ce que je voudrais pour mon enterrement : des garçons nus et gémissants sur mon cercueil, des roses blanches par milliers tombées d’un avion sur Saint-Germain-des-Prés, une messe œcuménique dans l’église de mon village provençal, mes amies Jeanine et Colette, soixante- quinze ans, en minijupe à fleurs, chapeau à larges bords et lunettes noires, une fête au champagne qui se terminerait dans la piscine par une nuit de pleine lune, un lâcher de lucioles qui repeuplerait le Luberon pour les siècles des siècles, amen. Donne di sogno, banane e lamponi, femmes de rêve, bananes et framboises. Comme dans la chanson de Paolo Conte. »

De Nous sommes tous des enfants de Cassius Clay à Il pleuvait quand je suis partie, en passant par Quelque chose comme du bleu, Simonetta Greggio souligne une fois de plus qu’elle sait conjuguer l’amour à tous les temps.

L’avis de Gerda : 4/10

Recueil de nouvelles. C’est l’analyse du ressenti féminin, physique et mental, d’une rupture. Peu importe la cause, le temps de l’amour vécu, la douleur doit s’écouler. C’est bien écrit mais rien ne me surprend. Comme si je m’attendais aux mots que je vais lire. N’aime-t-on que quand on est surpris? ou quand la phrase est si belle qu’on est sidérée?

C’est aussi un équilibre entre l’analyse et l’action : ni trop ni trop peu.

Ces histoires m’aident-elles à vivre? non, dans ce recueil. « Intelligent » n’est pas forcément littéraire. On revient sans cesse à cette question : qu’est-ce que la littérature? L’adjectif « esthétique » revient souvent dans la définition. Or, la littérature relève plutôt de l’émotion que de la science.

Peu de règles, ni des codes, ni de classification en littérature… Pas de système, surtout! L’art d’écrire doit, pour moi, renouveler le regard sur la Vie. Eclairer le monde autrement. Le sujet, au reste, me semble sans intérêt. Tout reste dans l’art de le dire.

Comment peut-on parler de genres mineurs? Est-ce du racisme? le policier, littérature noire, la science-fiction, la fantasy, la BD… La littérature blanche est dite « noble » (grands mouvements littéraires tels le classicisme, le romantisme, le symbolisme, le naturalisme, le surréalisme). On a reproduit la ségrégation qui existe entre les hommes. Il y a des classes sociales! Tant pis pour les imbéciles qui ne liront jamais autre chose…

 

Laura

Valerio Evangelisti

valerioevangelisti-autore-2KALPIDN

Valerio Evangelisti est diplômé de sciences politiques à l’Université de Bologne où il se spécialise en histoire moderne et contemporaine. Il publie des livres et des essais historiques, puis il se consacre à la littérature fantastique.

Son premier roman Nicolas Eymerych, inquisiteur obtient le prix Urania en Italie. Neuf autres romans du cycle Eymerich ont suivi, et lui valent en 1998 le grand prix de l’Imaginaire et le prix Tour Eiffel de science-fiction en 1999.

Il publie ensuite trois romans du cycle du Métal Hurlant et les trois volumes du Roman de Nostradamus par lesquels il s’est fait connaître en France. Il est aussi correspondant du Monde diplomatique, président de l’Archive historique de la Nouvelle gauche « Marco Pezzi » de Bologne. (source : Wikipédia)

J’ai découvert Valerio Evangelisti par un petit recueil de nouvelles de SF & Fantastique dont il avait écrit la préface et où figurait une de ses nouvelles. C’était vers 2000. Son imagination flamboyante m’a plu et j’ai continué à le lire en découvrant le cycle Eymerich. Le roman de Nostradamus m’a moins plu donc je suis passée à autre chose mais je viens de m’apercevoir qu’il a écrit dans un tout autre style… A explorer…

Ci-dessous, le lien vers la bibliographie (Babelio)

https://www.babelio.com/auteur/Valerio-Evangelisti/7269/bibliographie

41Z2QHH5DML._SX210_    51F22NPM38L._SX210_

Nicolas Eymerich, inquisiteur / Valerio Evangelisti

Présentation de l’éditeur : 

L’épitaphe de l’authentique Nicolas Eymerich, dominicain nommé Inquisiteur Général d’Aragon en 1357, évoque sa personnalité : « prédicateur de la vérité, inquisiteur intrépide, docteur de premier ordre ». Sous la plume de Valerio Evangelisti, le magister Eymerich, détective d’une redoutable efficacité, doté d’un tempérament implacable, enquête sans faillir sur les phénomènes aberrants. Le premier volet de ses aventures décrit sa fulgurante accession au plus haut des pouvoirs de son temps.

Grâce à une conviction aussi manichéenne qu’inébranlable, l’Inquisiteur combat sans vergogne ce qu’il ne comprend pas, car il doit faire face à des apparitions dans le ciel et des naissances monstrueuses qui effraient les villageois. Au XXIIe siècle, un vaisseau envoyé dans le passé à la recherche d’une mystérieuse relique religieuse rate sa cible et se retrouve à proximité du lieu où officie l’Inquisiteur, tandis qu’à notre époque, un jeune homme nommé Frullifer tente, tant bien que mal, de défendre une thèse révolutionnaire sur une science énigmatique : la psytronique.

Mon avis sur le cycle Eymerich : 7/10